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Grandeur et décadence de la politique monétaire

Origine et situation des dettes publiques, en Europe et ailleurs - Politique et pouvoir monétaires

Grandeur et décadence de la politique monétaire

Messagepar scripta manent » Lun 02 Sep 2013 17:12

On entend beaucoup dire, par les temps qui courent, que la politique monétaire, menée par la BCE, peine à sortir l'Europe de la crise.
Un article du 23 août 2013 de Natixis propose des informations et une analyse intéressantes sur ce sujet : " Politique monétaire pour soutenir l’activité : depuis 20 ans, la surenchère.

Extraits :
" Nous mettons en évidence une dérive inquiétante de la politique monétaire aux Etats-Unis, en zone euro et au Royaume-Uni : depuis 1992, elle a un biais expansionniste croissant, qui est très visible quand on compare les taux d’intérêt aux taux de croissance.
Il y a donc une tendance à la « surenchère monétaire », qui révèle une difficulté croissante des économies à avoir une croissance jugée acceptable sans le recours de plus en plus important à un biais expansionniste de la politique monétaire.
Ceci crée évidemment des distorsions dangereuses, par exemple en poussant à réaliser des investissements inefficaces avec le niveau anormalement bas des taux d’intérêt réels
. (...) "
Rappelons que les taux d'intérêt " réels " sont les taux d'intérêt corrigés de l'inflation ; ils peuvent, par exemple, être négatifs si les taux d'intérêt sont inférieurs à l'inflation.
" On voit depuis le début des années 1990 aux Etats-Unis, depuis la seconde moitié des années 1990 dans la zone euro (sauf dans la période récente en raison de la crise des dettes périphériques) au Royaume-Uni une politique monétaire de plus en plus expansionniste.
Pourquoi faut-il une politique monétaire de plus en plus expansionniste au cours du temps ? L’explication la plus probable est que, de plus en plus, la croissance « spontanée » de l’économie est inférieure à la croissance souhaitée. (...)
Le biais expansionniste de la politique monétaire permet, à court terme, de soutenir la croissance :
- en stimulant l’endettement privé et public ;
- en faisant monter les prix des actifs et en créant ainsi des effets de richesse positifs. (...)
Nous appelons surenchère monétaire le fait que, au cours des 20 dernières années, les taux d’intérêt ont été de plus en plus bas par rapport au taux de croissance. La surenchère monétaire est explicable par la tendance au ralentissement de la croissance de long terme : les autorités monétaires essaient de plus en plus de « doper » la croissance.
Le risque est la distorsion des choix d’investissement : si les taux d’intérêt à long terme sont anormalement bas, des investissements inefficaces sont réalisés. On voit bien aujourd’hui, depuis 2012, que c’est l’immobilier (la construction) qui redémarre (aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Chine…).
"

Pour que l'argent abondant génère la reprise, il faudrait qu'il s'investisse dans des circuits générateurs d'activité. En période de frilosité économique, il a au contraire tendance à s'investir dans des circuits spéculatifs, générateurs de "bulles" potentiellement explosives (croissance artificielle des prix de certains actifs, immobiliers par exemple, comme on l'a vu aux USA et en Espagne notamment).
La politique monétaire, qui n'est plus entre les mains de la puissance publique (indépendance des banques centrales), peut donc être impuissante à agir sur l'économie "réelle" et produire des effets pervers.

Pour injecter des ressources immédiatement productives dans l'économie, il faut rompre avec les principes ultralibéraux qui attendent tout de l'initiative privée et se souvenir des leçons de John Maynard Keynes.
Mettre de l'argent à disposition de l'économie ne suffit pas. Encore faut-il qu'il soit dépensé et bien dépensé. Lorsque le "privé" ne le fait pas, c'est à l'Etat et à la politique budgétaire de jouer leur rôle. Ce qui nous ramène à la nécessité de revenir sur l'interdiction faite aux banques centrales de financer en premier ressort la dépense publique !

Pour accéder à l'étude de Natixis : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=72469
scripta manent
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