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Il peut arriver que l'indépendance des banques centrales ait du bon !

Origine et situation des dettes publiques, en Europe et ailleurs - Politique et pouvoir monétaires

Il peut arriver que l'indépendance des banques centrales ait du bon !

Messagepar scripta manent » Ven 03 Mai 2013 16:24

Une nouvelle fois, Mario Draghi aura créé la surprise.
On se souvient que, déjà, le 6 septembre 2012, la Banque centrale européenne (BCE) avait fait fort en annonçant que, en cas de nécessité, elle interviendrait sans limite sur le marché de la dette publique de la zone euro pour contrer les primes de risque élevées réclamées à certains pays. Cette décision avait été prise à l'unanimité du Conseil des gouverneurs, sauf une voix : celle du représentant de la Bundesbank allemande. On sait depuis peu que le gouvernement allemand a consulté la Cour de Karlsruhe sur la conformité de ce dispositif aux missions de la BCE.

Cette semaine, la BCE a décidé de baisser son taux directeur d'1/4 de point, le ramenant ainsi à un plus bas historique de 0,5 %, en vue de soutenir l'activité économique de la zone euro.
Là encore, cette décision a été prise en dépit d'une opposition déclarée des milieux bancaires et gouvernementaux allemands, toujours aussi agrippés à la politique d'austérité et tétanisés par le spectre de l'inflation.
Son effet a été quasi immédiat sur les taux d'emprunt public à long terme de l'Espagne et de l'Italie, qui viennent de repasser sous la barre des 4 %. Tout cela n'est pas anodin : ce sont des milliards d'euros de dette publique qui peuvent ainsi être économisés.
Il aura donc fallu un ancien de Goldman Sachs à la tête de la BCE pour que l'infernale pression des "marchés" sur la dette publique se desserre un peu !

Que conclure de tout cela ?
1/ Que le patron économique de l'Europe aujourd'hui est le patron de la BCE. Ce n'est pas tout-à-fait une nouveauté mais c'est tout-à-fait anormal, car la BCE, indépendamment du fait qu'elle ne peut agir que sur le levier monétaire de la politique économique, est hors du circuit démocratique. Encore heureux que ce "despote" soit parfois bien inspiré !
2/ Que les marchés ne sont pas demandeurs d'austérité. Ils ont désormais, eux aussi, besoin de relance économique.
Voila qui pourrait aider les pays qui vont tenter de contrecarrer les excès de la politique d'austérité lors du prochain sommet européen.
scripta manent
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Re: Il peut arriver que l'indépendance des banques centrales ait du bon !

Messagepar benjamin » Lun 06 Mai 2013 15:47

Je ne sais pas si ça a un rapport direct, mais ça m'inspire ça:
Quand reprendra-t-on conscience que l’économie est un outil au service de l’homme à l’heure où il nous faudrait tous vivre (et mourir ?) pour la finance qui ne nous apporte rien, bien au contraire.
Ça n’est pas sans rappeler l’intérêt du manger pour vivre vis-à-vis du vivre pour manger
Et ça me désole....
benjamin
 
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Re: Il peut arriver que l'indépendance des banques centrales ait du bon !

Messagepar voxpop » Sam 08 Juin 2013 15:55

Sous le titre " Le patron de la Bundesbank recadre sévèrement la BCE ", La Tribune.fr du 18 mai 2013 apporte quelques précisions sur ces dissensions entre le patron de la BCE et les milieux bancaires et gouvernementaux allemands :

Extraits :
" Jens Weidmann critique la politique de taux bas adoptée par l'institution de Francfort ainsi que son soutien aux dettes souveraines par rachat d'obligations. C'est un sérieux recadrage de la politique de la Banque centrale européenne auquel se livre Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, la Banque centrale allemande, dans un entretien au journal Bild am Sonntag (...) . Il rejoint d'ailleurs dans ses déclarations les récentes critiques du patron de Deutsche Bank, Jürgen Fitschen, contre la politique de taux d'intérêt très faibles menée actuellement par la BCE. " Je m'inquiète que la bonne évolution des marchés financiers et en particulier les taux bas (...) conduise à lutter avec moins d'efforts contre les origines de la crise ", affirme ainsi Jens Weidmann. Une référence directe à l'abaissement du taux directeur de l'établissement il y a deux semaines qui est passé de 0,75% à 0,5%, son plus bas niveau historique. "
Ce n'est pas tout. Le patron de la Buba remet une nouvelle fois en question le bien-fondé de la politique de la BCE de rachat d'obligations. " Est-ce une bonne idée que nous devenions chacun réciproquement responsables de nos dettes publiques ? " s'interroge Jens Weidmann.
"

Pour accéder au texte complet de l'article et à ses commentaires :
http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130518trib000765274/le-patron-de-la-bundesbank-recadre-severement-la-bce.html=

Encore plus fort, ainsi que l’a notamment signalé Le Monde.fr du 27 avril 2013, « La Bundesbank a critiqué la politique de la BCE devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe ». Curieusement l'information n'est " sortie " dans la presse que 4 mois après cette initiative déroutante.

Extraits :
« Que le principal actionnaire d'une entreprise donne discrètement des renseignements à la justice pour dénoncer les méfaits supposés de ladite entreprise n'est pas franchement bon signe. C'est, mutatis mutandis, ce que vient de la faire la Bundesbank.
Le quotidien économique Handelsblatt a en effet révélé, vendredi 26 avril, qu'en décembre 2012, le président de la banque centrale allemande avait fait parvenir un rapport de 29 pages à la Cour constitutionnelle de Karlsruhe (Bade-Wurtemberg) pour critiquer le rachat par la Banque centrale européenne (BCE) de titres émis par les pays fragiles de la zone euro. Pour la Bundesbank qui confirme cet envoi, la politique suivie par la BCE pourrait « compromettre l’indépendance de la banque centrale » et être difficile à arrêter. Que Jens Weidmann, le président de la Bundesbank soit en désaccord avec la politique suivie par la BCE, ce n'est pas nouveau. Mais de là à fournir des arguments à la Cour de Karlsruhe pour mettre des bâtons dans les roues de l'institution européenne...
Comme si, isolé au sein du conseil des gouverneurs de la BCE, Jens Weidmann s'en remettait à la justice de son pays. Il se rendra devant la Cour constitutionnelle les 11 et 12 juin lorsque celle-ci étudiera le recours déposé contre le rachat de titres de dettes (OMT), un dispositif présenté en 2012 par la BCE pour venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté mais qu'elle n'a, pour l'instant, pas mis en oeuvre.
En présentant ce programme le 6 septembre 2012, le président de la BCE, Mario Draghi, avait indiqué que le plus grand risque consistait à ne rien faire, à dire " non à tout", "nein zu allem " avait-il pris soin de préciser en allemand, alors que Jens Weidmann avait été seul au sein du conseil des gouverneurs à voter contre cette initiative.
»

A suivre, puisqu’une audience de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe sur ce sujet est donc prévue semaine prochaine …
Pour accéder à l’article du Monde.fr : http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/04/27/la-bundesbank-critique-la-politique-de-la-bce-devant-la-cour-constitutionnelle-de-karlsruhe_3167718_3234.html#
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Re: Il peut arriver que l'indépendance des banques centrales ait du bon !

Messagepar scripta manent » Lun 05 Aoû 2013 19:46

Selon Press Europ de ce jour (29 juillet 2013) :
" Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a décidé, le 18 juillet, de faciliter davantage l'accès des banques au comptoir de liquidités de la BCE, rapporte Cinco Dias.
Désormais, la BCE acceptera, comme garantie de la part de banques, des titres ABS (des prêts adossés à des crédits) notés A par deux agences, au lieu d'un double AAA comme c'était le cas jusqu'à présent. L’objectif de cette mesure est d’accroître le financement de l'activité économique, et particulièrement des PME, par les banques.
Cette décision est bien accueillie par le quotidien économique, qui note que la grande mission de Mario Draghi, c'est que les liquidités puissent arriver à l'économie. Malgré les croche-pieds de la Bundesbank, le banquier italien a pris des mesures pour faciliter la normalisation du marché monétaire de la zone euro. Hier, il en a pris une de plus.
"
Draghi agit à nouveau

Faudra-t-il que la BCE aille jusqu'à rémunèrer grassement les banques commerciales pour que celles-ci se décident à financer l'économie, au lieu d'employer leurs liquidités à alimenter de nouvelles bulles spéculatives ?
Mais il est vrai qu'il faut aussi qu'il y ait des emprunteurs !

Profitons-en pour rappeler que, selon L'Observatoire de l'Europe du 15 juin 2013 :
" Le président de la Banque centrale européenne (BCE ), Mario Draghi, a défendu avec véhémence jeudi le programme de rachat d'obligations de son institution, "nécessaire", "efficace" et "conforme à (son) mandat", au lendemain d'auditions devant les juges suprêmes allemands. "La décision" de mettre sur pied ce programme baptisé OMT de rachats illimités de titres de dette des pays en difficultés de la zone euro "était nécessaire. Elle a été efficace. Et elle était conforme à notre mandat", a affirmé M. Draghi dans un discours mis à disposition par la BCE. La simple annonce du programme à l'été dernier avait suffi à apaiser les marchés, sans même qu'il ait à être mis en oeuvre. La décision en faveur de l'OMT "a bénéficié à tout le monde", a argué M. Draghi, "aux obligations d'Etat, aux entreprises, aux banques mais aussi aux particuliers, et elle a bénéficié autant à la périphérie qu'aux pays du coeur" de la zone euro. La Cour constitutionnelle allemande s'est penchée lors de deux jours d'auditions mardi et mercredi sur la conformité de l'action de la BCE, et notamment du programme OMT, avec la Loi fondamentale allemande. C'est un autre membre du directoire de la BCE, l'Allemand Jörg Asmussen, qui est venu à cette occasion plaider devant les juges la cause de la BCE, et les propos de M. Draghi jeudi font écho à sa ligne de défense. Le président de la Cour a toutefois fait valoir dans ses remarques préliminaires mardi que l'efficacité du programme n'était pas une garantie de sa légalité. Le tribunal rendra son verdict dans plusieurs mois. Comme il l'a fait par le passé, il assortira vraisemblablement ce mécanisme de sauvetage de l'euro de conditions. "
Observatoire de l'Europe
Affaire à suivre donc dans les mois à venir.
scripta manent
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