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Qui sont les enseignants en économie à l'université ?

Données et opinions relatives à la France

Qui sont les enseignants en économie à l'université ?

Messagepar KERHUNE » Dim 13 Avr 2014 18:13

http://www.lemonde.fr/education/article/2014/04/02/profs-d-economie-neoclassiques-1-heterodoxes-0_4394162_1473685.html

Le Monde a publié le 3 avril, sous la plume d'Isabelle Rey-Lefebre un article consacré au recrutement des enseignants-chercheurs en économie dans l'enseignement supérieur. Cette analyse s'appuie sur les travaux de l'Association française d'économie politique sous la direction de Florence Jany-Catrice. Il résulte de cette étude que le recrutement des enseignants se fait aujourd'hui majoritairement (84,2%) dans la sphère des économistes classiques.
Ce sont également eux qui alimentent les publications dans les revues les plus prestigieuses. Ces économistes croient à un marché parfait et à une cohérence des actions individuelles. Dans ce cadre, à titre d'exemple, personne n’achète une berline de luxe pour se distinguer des autres ou pour s'assimiler à une minorité argentée. La seule motivation est l'utilité du bien pour l'individu et cette utilité est la même pour tous. En outre, cette discipline s'exprime de préférence par des modèles mathématiques. Le paradigme est simple voir simpliste ; quant aux acteurs économiques, ils ont forcément des comportements rationnels. L'économie s'exprime en chiffres: PIB, croissance, salaire moyen, utilité des biens, niveau d'équilibre macro économique et en particulier niveau des prix par les seuls offre et demande.
De leur côté, les hétérodoxes, qu'il ne faut pas confondre avec les keynésiens, bien qu'il y en ait bon nombre dans leurs rangs, défendent l'idée que la science économique ne peut être appréhendée seule et qu'il faut au contraire l'enrichir des analyses des autres sciences sociales, sociologie, ethnologie, psychologie.....etc. Dans cette perspective,la discipline se prête moins à la modélisation et il est évident qu'en multipliant le nombre des variables et en mettant en cause la doxa classique, on aboutit à une formulation plus littéraire, moins formatée où le champ des possibles s'élargit considérablement. Cela ne veut pas pour autant dire que la rigueur scientifique est exclue de cet axe de réflexion. Il suffit pour s'en convaincre de voir la minutie que les spécialistes des sciences humaines apportent à la préparation, à la réalisation et à l'exploitation de leurs enquêtes.
Comment s'étonner alors, après ce constat, qu'il soit plus facile de juger des travaux d'un économiste classique et de les publier quand le cadre conceptuel est clairement défini même s'il est artificiel ; alors que dans le cas des hétérodoxes, non seulement il faut se pénétrer de matières sociales que ni les jurys de recrutement, ni les éditeurs des matière économiques ne maîtrisent, tout en redéfinissant à chaque fois le cadre conceptuel.
L'écueil, comme le relève l'article, est un appauvrissement de la pensée. C'est également un appauvrissement de l'outil politique quand cette pensée devient dominante au delà de l'enseignement. Et là, on pense forcément à l'Europe !
En effet, les hypothèses de la pensée classique étant assimilables à un dogme, les échecs de la mise en pratique ne sont pas dus à l'invalidité du raisonnement mais à l'introduction contestable de scories telles que les comportements humains..... !
Ensuite, les résultats chiffrés, croissance, réduction de la dette ou du déficit budgétaire ignorent tout des individus qui se trouvent en filigrane. Peut-on décemment envisager un indicateur de croissance qui néglige les conditions sociales des populations, telles que santé, éducation, cohésion sociale, l’effritement de la démocratie et la montée en puissance d’opinions extrêmes mais aussi l'épuisement des ressources naturelles, l'acidification des océans …etc. Faut il compter sur la "main invisible" ou sur "les marchés" pour prendre en compte ces facteurs ?
C'est également cette prévalence de la pensée classique qui aboutit à ne pas mettre en balance l'orthodoxie de la Banque Centrale Européenne avec la misère des populations grecque, espagnole ou portugaise.
A quand, à défaut d'un accord sur la méthode, une définition claire des objectifs que les sociétés doivent atteindre ? A quand, dans la réflexion, l'émergence de l'homme de chair en remplacement de ce primate qu'est l'homo œconomicus.
L’Europe s'honorerait en définissant la feuille de route et les indicateurs et marqueurs de sa réussite et de son échec à l'égard de tous ses citoyens ? Devra-t on se satisfaire d'une croissance qui s'accompagnera d'une augmentation constante des inégalités et d'une détérioration irréversible de la planète ? Seule une pensée hétérodoxe, qui n'utilise pas que des données macroéconomiques, forcément réductrices, pourrait relever ce défi.
KERHUNE
 
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