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Une étude du Bureau international du travail (B.I.T.) sur le travail forcé dans le monde

Une étude du Bureau international du travail (B.I.T.) sur le travail forcé dans le monde

Messagepar causonsen » Dim 01 Juin 2014 16:06

" Profits et pauvreté : la dimension économique du travail forcé ", tel est le titre de l'étude publiée en mai 2014 par le B.I.T.

En synthèse :
" On estime que le total des profits tirés du travail forcé dans l’économie privée mondiale s’élève à 150 milliards de dollars par an. La majeure partie des profits est générée en Asie, dont deux tiers provenant de l’exploitation sexuelle. "

Extraits :
" L’intégration globale des systèmes économiques, notamment des marchés du travail, a apporté de nombreuses opportunités pour les travailleurs et les entreprises et a stimulé la croissance économique. Cependant, le progrès n’a pas été au bénéfice de tous. Des millions de personnes sont victimes de traite pendant leur recherche d’un travail décent, sont maintenues en servitude pour dette ou dans des conditions analogues à l’esclavage, prises au piège de la et de la discrimination.
L’abolition de l’esclavage et du travail forcé a été la première bataille pour les droits humains de l’histoire moderne ; le développement de la législation internationale sur cette question a façonné les relations de travail. La force de la pression juridique sur ceux qui continuent à utiliser ou tolèrent le recours au travail forcé est essentielle. Les législations nationales doivent être renforcées pour combattre le travail forcé, et les peines contre ceux qui en tirent profit doivent être strictement appliquées. Cependant, les réponses contre le travail forcé exigent aussi une compréhension de ses causes socio-économiques profondes afin de pouvoir apporter un changement.
Ce rapport examine à la fois l’offre et la demande relatives au travail forcé. Il est basé sur des données primaires et fournit, pour la première fois, une preuve solide de la corrélation entre travail forcé et pauvreté. Le rapport présente aussi la nouvelle estimation réalisée par le BIT sur les profits générés par le recours au travail forcé dans divers secteurs économiques, ainsi qu’à l’exploitation sexuelle.
Afin de déterminer les profits générés, il était tout d’abord nécessaire de réaliser une nouvelle estimation de l’ampleur du travail forcé. En 2012, le BIT a publié une nouvelle estimation selon laquelle près de 21 millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont en travail forcé. La vaste majorité, soit 90 pour cent, est exploitée dans l’économie privée.
Le chiffre de 2012 est significativement plus haut que l’estimation précédente du BIT, ce qui s’explique par de meilleures données et l’amélioration de la méthodologie. La nouvelle estimation a confirmé que l’importance du travail forcé imposé par l’Etat est en déclin, les développements politiques récents ayant notamment contribué à cette tendance. Dans certains pays, le travail forcé imposé par les autorités étatiques reste une préoccupation majeure, et une attention continue est nécessaire afin de protéger les travailleurs contre ces pratiques étatiques d’exploitation et de répression. Toutefois, l’accent est maintenant mis sur la question du travail forcé et de la traite des personnes dans l’économie privée, souvent en relation avec le crime organisé.
Dans l’étude de 2012, on estime que 22 pour cent des personnes en travail forcé sont victimes d’exploitation sexuelle et 68 pour cent sont victimes de travail forcé dans des activités économiques telles que l’agriculture, la construction, le travail domestique ou le secteur manufacturier. La région Asie-Pacifique comprend le plus grand nombre de travailleurs forcés – près de 12 millions (soit 56 pour cent du nombre total) – tandis que les pays d’Europe centrale et du Sud-Est (non membres de l’Union européenne) et la Communauté des Etats indépendants (CEI) a la prévalence la plus élevée avec 4,2 victimes pour 1 000 habitants.
Afin de développer une nouvelle estimation des profits générés par le travail forcé, le BIT a utilisé les données économiques de la base de données ayant servi à calculer l’estimation globale de 2012, notamment les informations sur les secteurs et les industries dans lesquelles travaillent les victimes de travail forcé, leur salaire – lorsque celui-ci est versé - ainsi que d’autres données économiques.
De plus, le BIT a mené des enquêtes nationales sur le travail forcé, parfois centrées sur des secteurs ou industries spécifiques, enfants et adultes, ou sur une forme particulière de travail forcé. Le résultat de ces enquêtes a fourni la base de l’analyse des déterminants du travail forcé, en se penchant particulièrement sur les facteurs qui rendent certaines personnes plus vulnérables que d’autres.
(...)
Les informations présentées dans ce rapport se basent sur la définition du travail forcé consacrée dans la Convention de l’OIT (n° 29) sur le travail forcé, adoptée en 1930. Cette définition englobe toutes les formes de travail ou service, qu’il soit formel ou informel, légal ou illégal. Un élément de coercition (« menace de peine ») est également requis pour distinguer le travail forcé de l’exploitation au travail plus largement. Le consentement libre et éclairé tout au long de la relation de travail est un autre élément important de la définition.
La Convention No. 29 exige que les Etats membres criminalisent le travail forcé ; en conséquence, l’exaction du travail forcé n’est pas une violation mineure du droit du travail mais un crime. En tant que tel, il est étroitement lié au concept de traite des personnes tel que défini par le Protocole des Nations-Unies de 2000 visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée. Le Protocole fait de la traite des personnes un crime. La définition du travail forcé de l’OIT couvre toutes les formes d’exploitation de la traite, à l’exception de la traite à des fins de prélèvement d’organes.
L’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage tels que définis par la Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage (1956) sont aussi contenus dans la définition du travail forcé de l’OIT, avec quelques exceptions comme le mariage forcé, sauf lorsqu’il aboutit à l’exaction de travail ou service forcé.
QUELS SONT LES PROFITS DU TRAVAIL FORCÉ ?
Les profits générés du travail forcé sont illégaux par définition. Cette étude présente une nouvelle estimation des profits faits sur le dos des millions de victimes du travail forcé aujourd’hui. En 2005, le BIT a publié la première estimation des profits tirés du travail forcé en utilisant des données sur la valeur ajoutée dans le secteur agricole. Des estimations avaient aussi été données sur l’exploitation sexuelle. L’accent avait été mis sur ces deux activités économiques car on supposait qu’elles regroupaient la plupart des victimes de travail forcé. Les profits avaient été définis par la différence entre la valeur ajoutée économique moyenne et la somme des dépenses pour le paiement des salaires et la consommation intermédiaire. Il avait été estimé que les profits globaux tirés du travail forcé s’élevaient au moins à 44 milliards de dollars par an, dont 32 milliards générés par la traite des personnes.
Sur la base des estimations récentes du nombre de victimes et d’une méthodologie affinée, le BIT est désormais en mesure de produire une nouvelle estimation des profits générés par le travail forcé. Les profits sont répartis dans les catégories suivantes : exploitation sexuelle, travail domestique, agriculture et autres activités économiques.
La dernière catégorie comprend la construction, le secteur manufacturier, l’industrie extractive et les services publics de distribution.
On estime que le total des profits tirés du travail forcé dans l’économie privée mondiale s’élève à 150 milliards de dollars par an. La majeure partie des profits est générée en Asie, dont deux tiers provenant de l’exploitation sexuelle.
Sauf indication contraire, le dollar s’entend du dollar des Etats-Unis (USD)
Les profits annuels par victime sont les plus élevés dans les économies développées (34,800 $ par habitant), suivis par les pays du Moyen-Orient (15,000 $ par habitant), et sont les plus bas dans la région Asie-Pacifique (5,000 $ par habitant) et en Afrique (3,900 $ par habitant).
À l’échelle mondiale, deux tiers des profits provenant du travail forcé résultent de l’exploitation sexuelle, soit environ 99 milliards de dollars par an. Dans le calcul des profits, on suppose que les salaires et les consommations intermédiaires représentent 30 pour cent des revenus totaux des victimes de travail forcé à des fins d’exploitation sexuelle.
Les victimes de travail forcé à des fins d’exploitation dans l’agriculture, le travail domestique, et d’autres activités économiques, génèrent un profit estimé à 51 milliards de dollars par an, dont 9 milliards de dollars dans l’agriculture, y compris la sylviculture et la pêche. Ceci a été calculé, avec les informations de la base de données globale de 2012, en estimant la différence entre la valeur ajoutée résultant du travail (en utilisant la valeur ajoutée par travailleur multipliée par la part des coûts de main-d'œuvre, estimée prudemment à deux tiers) et le salaire payé aux victimes de travail forcé dans ce secteur.
Les profits dans les autres activités économiques, comprenant la construction, le secteur manufacturier, l’industrie extractive et les services publics de distribution, sont estimés à 34 milliards de dollars par an. Dans ce cas, la valeur ajoutée résultant du travail est calculée d’après le revenu moyen spécifique au secteur divisé par la part du coût de main-d'œuvre.
Enfin, il est estimé que les ménages privés qui emploient des travailleurs domestiques dans des conditions de travail forcé économisent annuellement environ 8 milliards de dollars en ne payant pas ou pas assez leurs travailleurs. Ces économies ont été calculées d’après la différence entre le salaire que les travailleurs domestiques devraient percevoir et le salaire réellement payé à ceux en situation de travail forcé. D’après les informations de la base de données globale de 2012, on peut estimer que les travailleurs domestiques en situation de travail forcé reçoivent en moyenne 40% du salaire qu’ils devraient recevoir.
Les profits par habitant sont plus élevés en cas d’exploitation sexuelle, ce qui s’explique par la demande pour de tels services et les prix que les clients sont prêts à payer, par le
faible investissement en capital et par les faibles coûts d’exploitation de cette activité. (...)
"

Pour accéder à l'ensemble du rapport : B.I.T.
causonsen
 
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