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Le Medef et les " Etats-Unis d'Europe "

Citations de personnalités. Il est ouvert un sujet par personnalité ayant fait l'objet d'au moins une citation

Le Medef et les " Etats-Unis d'Europe "

Messagepar scripta manent » Lun 19 Déc 2011 16:27

Laurence Parisot, présidente du Medef, a déclaré sur Europe 1, le 3 novembre 2011, que c'était " le moment où jamais pour vraiment construire les États-Unis d’Europe. (...) Même Churchill avait envisagé et rêvé de cela, aujourd'hui nous pouvons le faire, il y a même un profond enthousiasme à l’égard de cette idée ".

Elle a ajouté que le B20, rassemblement des chefs d'entreprises des grandes puissances mondiales, réuni la veille à Cannes, avant le G20, avait créé un " lien " avec les organisations syndicales.
On aurait aimé en savoir plus. Les réactions des syndicats français de salariés ne traduisaient pas une franche adhésion ...

Rappelons qu'en Allemagne, le patronat et les syndicats de salariés se sont déclarés partisans d'une Europe fédérale.
scripta manent
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Re: Le Medef et les " Etats-Unis d'Europe "

Messagepar causonsen » Dim 01 Juil 2012 16:25

Le 30 novembre 2011, Laurence Parisot a publié, sur son blog, un article (http://www.laurence-parisot.com/index.php/lire-lactualite/items/creons-les-etats-unis-deurope.html), repris par Le Monde.fr, qui permet de mieux situer les tenants et aboutissants de sa déclaration du 3 novembre sur Europe 1.

Extraits :

Sur l'endettement des Etats européens : " Rétrospectivement, la complaisance à l'endettement est stupéfiante. Ce qu'il aura fallu de naïveté, de court-termisme, de déni et au total d'irresponsabilité pour emprunter toujours plus sans se préoccuper de la création de richesses en regard apparaît aujourd'hui choquant et inacceptable. Mais, pour étendre notre Etat-providence encore et encore, que n'aurait-on pas fait ?. "
Double erreur madame :
- La crise en Europe n’a pas été déclenchée par le niveau de la dette, c’est la crise qui a propulsé les dettes publiques à leur niveau actuel, par un double effet de ponction budgétaire et de compression des recettes. Pour s’en tenir à la France, en dix ans, de 1998 à 2007, la dette publique a été contenue entre 59,4 et 63,8 % du PIB. Il a fallu l’irruption de la dernière crise majeure pour qu’elle passe à 85 % à fin 2011 (89 % à mi 2012).
- Encore aujourd’hui, le taux d’endettement public est moins élevé pour l’Union européenne dans son ensemble qu’il ne l’est pour les USA, la Grande-Bretagne ou le Japon.

A propos des institutions européennes : " Les structures et les procédures sont peu lisibles, au point que l'on s'y perd et que l'Europe ne peut pas ne pas avoir un temps de retard face aux défis protéiformes et quotidiens. Ses réponses sont techniques et minimalistes là où l'investisseur voudrait un souffle et une ambition : c'est une crise politique. "
Ah bon, l'investisseur veut du souffle et de l'ambition. Il ne voudrait pas plutôt du rendement ?
Et le citoyen, il veut quoi ?

Et que dire de la " réprobation des pays émergents car l'Europe freinerait leur croissance en ne réglant pas ses problèmes " ?
C'est vrai ça, il faudrait se bouger un peu pour accroître la croissance des croissants.

Encore plus fort : " Tout ce que nous avons construit depuis cinquante ans se trouve ébranlé de l'intérieur et de l'extérieur par des attitudes qui laissent prise à la spéculation. ".
Mais ce qui a été " bâti depuis cinquante ans ", c'est précisément un délire spéculatif qui a provoqué la plus belle succession de crises d'origine financière jamais enregistrée dans l'histoire du capitalisme.

Dommage que Laurence Parisot, dont on notera qu'elle ne parle pas des " marchés " (cela repose des sempiternelles courbettes aux marchés de nos gouvernants), ne se soit pas contentée de sa conclusion : " La solution existe. Elle est audacieuse. Elle s'appelle Etats unis d'Europe, fédéralisme européen, délégation de souveraineté. Elle offrirait enfin aux Européens un projet, une ambition, une fierté. Mais elle nous oblige à changer nos habitudes, à conférer une responsabilité politique plus grande aux institutions européennes, à considérer d'emblée à leur échelle européenne les questions sociales, et pas seulement budgétaires et fiscales. Il faut vouloir avancer vers un territoire reconfiguré, vers une nouvelle patrie, vers l'an I d'une véritable pratique de notre histoire fédérale. "
causonsen
 
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Re: Le Medef et les " Etats-Unis d'Europe "

Messagepar voxpop » Ven 20 Juil 2012 11:55

Pour un éclairage complémentaire sur la position du Medef, ou de ses dirigeants, quant au projet européen, on pourra consulter cet article de Frédéric SANCHEZ, président de la commission Commerce international, monnaies et systèmes monétaires de l'organisation patronale, paru le 2 mai 2012 sur le Journal du Net.
http://www.journaldunet.com/economie/expert/51467/pour-des-etats-unis-d-europe-dans-monde-regule.shtml

Le chapeau de l'article donne le ton :
" Les entrepreneurs souhaitent que l’intégration européenne passe une nouvelle étape avec un marché intégré fonctionnant sans entrave. Ce cadre fédéral offrant un socle à partir duquel les entreprises, petites ou grandes, seront compétitives sur les marchés extérieurs. "
La priorité est donc au "marché sans entrave" et à la "compétitivité sur les marchés extérieurs".
Accordons cependant à l'auteur une mention du volet social, abordé comme suit :
" L’Europe ne sera pas compétitive si elle ne se construit pas sur un socle social. Celui-ci repose d’abord sur le dialogue avec les partenaires sociaux européens. Ce dialogue est une composante essentielle de l’Europe sociale en particulier, et de la démocratie européenne en général. Aujourd’hui nous demandons un nouveau pas en avant : celui de la convergence sociale. Par le dialogue social. Avec quelques pays plus déterminés si certains de nos partenaires s’obstinent à opposer leur veto. Les sujets qui sont partie intégrante du modèle social européen s’inscrivent dans l’actualité : libre circulation des travailleurs, protection sociale, emploi, formation professionnelle, négociation collective, etc. Les priorités d’une convergence sociale touchent tous les citoyens européens : l’emploi, la formation et le marché du travail d’une part, nos systèmes de retraite d’autre part. "
Le volet social n'est donc abordé qu'en tant que passage obligé vers la compétitivité : " L’Europe ne sera pas compétitive si elle ne se construit pas sur un socle social ".
Le social ne peut pas être un objectif en soi ?
voxpop
 
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