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L’UE, « cette momie socialiste » !!!

Quel projet ? Quel modèle de société pour l'Europe ?

L’UE, « cette momie socialiste » !!!

Messagepar causonsen » Mar 07 Aoû 2012 19:20

La revue de presse européenne « Toute l’Europe », dans son édition du 19 juillet 2012, a repris, dans sa rubrique « Construction européenne » deux articles :
- « Les Etats-Unis d’Europe, certes mais pour quoi faire », paru sur ce forum et publié dans l’édition du même jour du Monde.fr ;
- mais aussi, « L’UE, cette momie socialiste », que nous venons de découvrir, article publié le 18 juillet 2012 par le journal polonais Rzeczpospolita, repris et traduit (par Lucyna Haaso-Bastin) sur le site PressEurop, avec ce chapeau : « L’Europe est trop régulée, gérée par une bureaucratie auto complaisante et encline à l’intervention de l’Etat. Elle finira en musée si elle ne retrouve pas son esprit d’entreprise. »

Le titre du second article laisse entendre que l’opinion de l’auteur est assez éloignée de celles qui prévalent sur ce forum …
Nous avons cependant choisi de le reproduire ici, car il est une illustration de thèses qu’il faut connaître pour mieux les discuter.
Son auteur est Jarosław Mulewicz, ancien négociateur de l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne, membre du Comité économique et social européen de 2004 à 2010.

« L'Europe ne souffre pas de la maladie de Parkinson. L'Europe est une victime de la loi de Parkinson. Actuellement, une entreprise ou une organisation qui compte plus de 200 salariés, n'a plus besoin de revenus, de bénéfices, ou de clients. La seule chose qui compte, c'est sa bureaucratie et ses procédures internes, qui assurent une occupation à ses employés. Il en va ainsi des entreprises et de l'Union européenne, ou plutôt de la “momie européenne”, comme l’appellent certaines mauvaises langues.
L'Union européenne oeuvre de moins en moins en faveur de la croissance économique et pour ses citoyens, et de plus en plus pour elle-même et ses fonctionnaires. Ses procédures et sa réglementation, au lieu de faciliter l'activité économique, l'entravent.
L'UE est de moins en moins compétitive. Les pays membres n'ont pas les moyens de financer son armée de fonctionnaires et ses dépenses publiques, alors ils s'endettent à l'infini soit à l'intérieur (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, France), soit à l'extérieur du pays (Irlande, Portugal, Espagne, Italie, Grèce).
Les anciens schémas de fonctionnement épuisés, l'UE n'est plus en mesure de favoriser la croissance économique. Les réformes proposées sous la forme d'une intégration politique plus étroite, d'une mise en commun de la dette, ou d'une politique de croissance au prix de l'explosion des déficits ne feront que renforcer les rangs de l'armée de fonctionnaires et engendrer de nouvelles réglementations, entravant plus encore l'activité des entreprises.

Personne ne veut se souvenir de l'histoire récente, quand la libéralisation du marché en Pologne en 1989 a déchaîné un esprit d'entreprise sans précédent. L'Europe, elle, veut du socialisme, du monopole d'Etat, du plein emploi artificiel, surtout dans la fonction publique et dans les entreprises d'Etat. Et pourquoi pas des cartes de rationnement ?
Pour ne pas parler dans le vide, appuyons-nous sur un exemple concret, que je connais bien. Regardons le fonctionnement du Comité économique et social européen [dont l'auteur fut membre entre 2004 et 2010], l'un des organes de l'UE censé exprimer la position de la société civile sur la législation européenne. A quoi ressemble en réalité la voix de la société civile ?
Les conseillers qui y siègent sont désignés par les ONG, les organisations syndicales et patronales. Leurs candidatures sont ensuite approuvées par les gouvernements et par le Conseil de l'Union européenne. La plupart des membres du Comité sont des fonctionnaires issus des institutions représentatives des partenaires sociaux. Ainsi, dans le groupe des employeurs, il est très difficile de trouver un vrai entrepreneur, dans le groupe des syndicats, un ouvrier digne de ce nom, et au sein du groupe des organisations non-gouvernementales un véritable travailleur social. Les champions de la longévité occupent leurs sièges pendant des dizaines d'années. Le plus ancien de ses membres a 89 ans.

Tout récemment, le groupe des employeurs a pratiqué le vote par acclamation ! A la question – êtes vous un homme d’affaires ? – un de ses représentants m’a répondu qu’il ne l’était pas, mais qu’il se sentait un esprit d’entreprise ! Une réponse similaire m’a été donnée par un représentant des employés ; interrogé sur son profil professionnel, il a déclaré n'avoir jamais été ouvrier. Et lorsque je leur ai demandé s'ils pourraient échanger leurs groupes respectifs, ils ont avoué que cela ne leur poserait pas de problème majeur.
Ces sont ces personnes qui sont censées nous représenter nous, la société civile. En tant qu'employés d’organismes sociaux, ils gagnent à peine plus que la moyenne nationale. Que leur offre l'UE ? Un salaire journalier de 233 euros pour avoir participé à une réunion. Il suffit de signer la liste de présence et vous pouvez disparaître, ce qui est devenu une habitude pour certains. Quelque 1 084 euros tombent une fois par semaine en remboursement de frais de déplacement. S’y rajoute un per diem de 30 euros pour les dépenses de logement, une double indemnité pour les déplacement en dehors de Bruxelles et de nombreux autres avantages (cantine bon marché, salle de gym, médecin, etc.) Au total, si l’on se donne du mal, on peut empocher jusqu'à 8 000 euros par mois, nets d'impôts.
Les personnes désignées peuvent gagner bien plus, pour peu qu'elles siègent souvent lors des sessions. Et qu'est-ce qui nécessite des délibérations à n’en plus finir? Des centaines de nouvelles réglementations à examiner et à évaluer. Plus il y a de législation, mieux c'est, parce qu'on gagne plus. Quand, il y a quelques années, le cabinet du président José Manuel Barroso a évoqué l'initiative de simplifier la loi, tout le monde a répondu oui. Tout le monde, sauf les membres du Comité.

C'est comme ça dans toute l'Union. Tout le monde travaille et gagne de l'argent, en créant de nouvelles lois. En moyenne, 100 000 réglementations en dix ans, soit dix mille par an.
C'est la course à la réglementation, dont le respect sera étroitement surveillé, aussi bien à l'échelle européenne que dans les pays membres, par de nouveaux fonctionnaires, spécialistes de la supervision bancaire.
Un jour ou deux jours passés dans une telle ambiance et on se sent à nouveau en pleine réalité socialiste. Personne ne veut se rappeler sa triste fin. L'UE et les Etats membres ont besoin de réformes fondamentales comme celles engagées en Pologne en 1989 : la libération de l'activité économique et un discours clair affirmant aux populations que leur destin dépend de leur labeur, et non pas d’une armée de fonctionnaires.
Tant que l'Union et ses citoyens ne comprendront pas que rien n'est gratuit, il sera difficile d'entrevoir une prémisse de reprise et de fin de crise. Pour l'instant, l'Union est en bonne voie pour devenir une Momie européenne.
»

Cet article est paru dans un journal « conservateur », dont le capital est cependant détenu à 49 % par le Trésor public polonais. Le vibrant plaidoyer pour les thèses libérales prend une saveur particulière dans ce contexte.
Il est vrai que Rzeczpospolita aura été successivement l’organe officiel du gouvernement communiste polonais (de 1944 à 1955) puis, après une éclipse, le quotidien de la Nomenklatura à partir de décembre 1981. Longue histoire et nouveau credo…

On peut voir que l’auteur critique vertement le CESE, Conseil économique et social européen, qui n’est d’ailleurs certainement pas exempt de défauts comme la plupart des comités « Théodule », mais il a tout de même supporté d’en être membre à part entière de 2004 à 2010.

La lecture des réactions à l’article, sur le site PressEurop est intéressante.
Nous en extrayons trois :

- “ Actually, Rzeczpospolita is a far-right, libertarian (which is quite funny as Polish state owns 49% of it's shares) and EU-sceptic newspaper. It doesnt't represents whole polish nation, for sure. Just another brain-washing propaganda. “ (par Kapohoikahiola)

- ‘’ During 2007-2013 period Poland will receive 80 billion Euros in structural funds, something like 2000 Euros for person, now someone start to ask how this flood of money has been used. To finance friend in already profitable business ?or to increase the predominant position of national monopoly maybe with restricted call for tenders ?.” (par EdmontDantes)

- « Poland has 3,5 million public sector employees with a population of 38,5 million which is equal to 9% of the population. The Europen Commission's staff is roughly 0,007 % of the European population. (...)
Sweden has the highest share of public sector employees of all Member States. In spite of this "burdening bureaucaracy", the Swedish GDP is almost the same as the Polish, with roughly a fourth of the Polish population. »
(par Stubenrauch)

Pour accéder à l’article (et à l'ensemble des réactions) :
http://www.presseurop.eu/fr/content/article/2370801-lue-cette-momie-socialiste
causonsen
 
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Re: L’UE, « cette momie socialiste » !!!

Messagepar pierre » Mar 07 Aoû 2012 20:56

Si ce journal est vraiment "far-right" comme le dit Kapohoikahiola, cet article n'est pas surprenant.
Par ailleurs, l'auteur ne sera pas le dernier à mordre la main qui l'a nourri.
pierre
 
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