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Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Données et opinions relatives à l'Allemagne

Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar voxpop » Ven 23 Nov 2012 20:16

Le Monde.fr du 22 novembre 2012 commente comme suit un article publié par Der Spiegel online, sous le titre " La pauvreté urbaine augmente en Allemagne " :
" Comparée à ses voisins du sud de l'Europe, l'Allemagne résiste plutôt bien à la crise : ses résultats économiques sont bons et le taux de chômage reste bas. Pour autant, la pauvreté gagne du terrain en milieu urbain, et ce de manière alarmante. "

Selon l'article évoqué, le taux de pauvreté a atteint en 2011 en Allemagne un nouveau sommet, à 15,1 % de la population.
Ce taux est particulièrement élevé dans les grandes villes, où il culmine en moyenne à 19,6 %, après avoir augmenté de 1,5 % en un an.
Il atteint 25 % à Leipzig, dans l'ancienne Allemagne de l'est, après y avoir culminé à 27,2 % en 2009 (23,9 % en 2005).
A Duisburg, il est à 23,5 %, alors qu'il était à 17 % en 2005.
Ces taux sont évidemment inquiétants, de même que leur progression rapide et continue au cours de ces dernières années, dans la majeure partie des villes.
Ils résultent de deux phénomènes majeurs :
- le développement des emplois à très faible rémunération, rançon de la sacro-sainte compétitivité ;
- un système de protection sociale moins réducteur des inégalités que le système français, rançon de la politique de rigueur budgétaire.

Pour accéder à l'article du Spiegel : http://www.spiegel.de/international/germany/study-finds-alarming-increase-in-urban-poverty-across-germany-a-867209.html

Sur ce sujet, voir aussi : http://www.citoyensunisdeurope.eu/informations-et-analyses-globales-et-comparatives/la-protection-sociale-comparaison-france-allemagne-t356.html
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar KERHUNE » Mar 27 Nov 2012 22:27

Ne nous y trompons pas, c'est aussi ce qui nous attend ! Nous aurons beaucoup de mal à imiter le modèle allemand dans son efficacité et sa dimension d'adhésion collective tendant vers un but négocié. Par contre je ne vois pas comment nous pourrons éviter l'augmentation du nombre de travailleurs pauvres ou précaires au delà du chômage. Ce modèle là est le fondement de la nouvelle donne sociale et sa mise en œuvre est sur les rails. C'est une condition nécessaire pour pouvoir relocaliser des activités dans ces anciens bastions du "social welfare" en concurrence avec des pays ou notre précarité ferait figure de confort enviable. C'est en partie la raison du "succès" de l'Allemagne. Par ailleurs, il semble vain de vouloir peser sur le coût de la vie. Les produits alimentaires et le prix du logement devraient baisser considérablement pour redonner de l'air aux salaires anémiques et irréguliers. La fondation Abbé Pierre estime à 900 000 le nombre de logements manquants en France. Le rythme de construction écuelle ne risque pas de peser sur les loyers avant longtemps, bien au contraire.
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar scripta manent » Jeu 29 Nov 2012 00:41

Alors, ite missa est ?
Non, merci.
Le modèle allemand " d'adhésion collective tendant vers un but négocié " a pu être plus efficace que le modèle français opposant un patronat rétrograde à des syndicats corporatistes, mais il trouve aussi ses limites. Les syndicats allemands commencent à renâcler sérieusement et, au-delà d'un certain seuil de paupérisation et de précarisation, ils pourraient bien entrer dans la résistance.
La course à la compétitivité est un modèle à la shadok. C'est un jeu à somme nulle : ce que les uns gagnent, les autres le perdent. Mais chacun, dont l'Allemagne, imagine qu'il sera plus malin que les autres. Nous allons faire du " haut de gamme " et laisser aux émergents le soin de fabriquer des jouets. Aimable plaisanterie !
Et il faut s'aligner sur qui ? Sur l'Allemagne, dont le coût de l'heure (industrie) est à 36 € alors que la France est à 38 €, ou sur les nouveaux entrants dans le business qui sont à moins de 10 € ? Jusqu'où faudra-t-il aller pour " relocaliser " ?
La mondialisation ultralibérale est en train de gagner la guerre des idées et des mots : libre-échange, compétitivité, rigueur (pas pour tous), TVA "sociale" ... Comme si rien d'autre n'était possible, " tous les économistes sérieux vous le diront ".
Libre à chacun de ne pas entrer dans son jeu.
http://www.citoyensunisdeurope.eu/origine-principe-et-discussion-du-prix-diafoirus-f46/topic105.html
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar causonsen » Jeu 29 Nov 2012 18:48

La " Fabrique de l’industrie " vient de publier un rapport intitulé " L'Allemagne : un modèle, mais pour qui ? Synthèse critique d'études récentes ".
http://www.la-fabrique.fr/uploads/telechargement/Allemagne_WEB2-275.pdf

La Fabrique de l'Industrie se présente comme suit sur son site : "laboratoire d’idées créé en octobre 2011 par l’UIMM, le Cercle de l’industrie et le GFI pour que la réflexion collective sur les enjeux industriels gagne en ampleur et en qualité". Elle est présidée par Louis Gallois.
On ne s'étonnera donc pas de trouver dans ce document des similitudes de pensée ou de doctrine avec le récent " rapport Gallois ".
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar agénor » Dim 15 Sep 2013 12:54

A propos du modèle allemand, toujours. L'émission d'Alexandra Bensaïd On n'arrête pas l'éco du samedi 14 septembre 2013, diffuse en particulier un reportage sur les bas salaires en Allemagne, signé Lise Jolly.

On y apprend que si l'Allemagne a un taux de chômage à 5%, c'est en partie un trompe-l'oeil, car il n'y a pas de minimum salarial, ce qui conduit à des bas salaires qui ne permettent en réalité pas à ceux qui les perçoivent de vivre.

Quelques interviews permettent de s'en rendre compte. Mathilde, à qui on proposait un travail de rédacteur à 600€ mensuel, soit 3,30€ de l'heure, ou à qui une galerie d'art, après lui avoir fait miroiter 1500€ mensuels en CDI, l'a finalement embauchée en contrat de freelance à 400€ par mois, lui laissant le soin d'acquitter ses charges sociales elle-même.

Tout le monte accepte la chose, semble-t-il, car c'est ça ou rien. Les séances d'embauche donnent lieu à des enchères, c'est le moins disant qui est pris. Un barman à 300€ par mois, par exemple, licenciable sans la moindre formalité par l'employeur.
Les salaires sont donc pour certaines catégories de travailleurs - qui ne sont donc pas étiquetés "chômeurs" - de 1 à 4€.

Franz-Josef Möllenberg, le dirigeant du syndicat de l'hôtellerie et de la restauration allemande, le NGG, l'un des plus anciens syndicats en Allemagne, s'insurge de ces pratiques :

"En Allemagne environ 8 millions de personnes (pratiquement 1/4 des salariés) sont tombés dans la catégorie des bas salaires.
je peux même aller plus loin : je parle non seulement de bas salaires mais de salaires de misère car le patronat à développé ces dernières années un modèle économique sur le dos des employés.
On devrait avoir honte quand on donne les chiffres.
Les médias ont beaucoup parlé de cette femme qui travaillait dans un hôtel comme femme de ménage et qui percevait comme salaire 1,81 € de l'heure.
Ou encore ces gens qui sont employés dans une fabrique de saucisses en Sarre et qui touchent 3€ ou 3,50€ de l'heure.
Dans les 28 pays de l'union il n'y a que deux pays qui n'ont pas de salaire minimum légal : Chypre et l'Allemagne."


En réalité, ces salariés n'ont d'autre choix que de se retourner vers les "job centers" qui leur paie appartement, internet, électricité et eau. C'est donc in fine le contribuable qui finance les emplois à la place des employeurs.

Selon Franz-Josef Möllenberg, le salaire minimum permettrait de corriger les problèmes suivants :
- Tout d'abord les gens, qui ont besoin de chaque euro, chaque centime, auraient plus d'argent de leur poche ce qui améliorerait le pouvoir d'achat
- Ensuite, le soutien par les job centers coûte 10M€ par an à l'Allemagne.
- La situation économique voit détruire les bons postes pour des emplois très peu rémunérés

"Il faut ajouter à ça que nous avons en Allemagne un problème car ces pratiques particulières affaiblissent le système protection sociale.
Pas seulement à cause du travail précaire mais à cause des mini-jobs.
On a là une véritable bombe à retardement. Dans 10 15 ou 20 ans quand les femmes, car ce sont surtout elles qui sont concernées, vont arriver à l'age de la retraire sans avoir cotisé, elle se tourneront naturellement vers l'état pour qu'il leur assure un moyen d'existence à minima"


Cette situation perdurera-t-elle ?
Tout d'abord elle dépend en partie du résultat des élections prochaines. Peter Steinbrück ayant promis l'instauration d'un salaire minimum.

D'autre part Lise Jolly nous apprend que la justice s'en est récemment mêlée :
"Un patron de livraison de pizzas à domicile vient de se faire condammner par un tribunal de Prudhommes pour avoir versé à ses salariés des salaires de misère :
1,79€ à 2,12€ de l'heure ou encore 430 € brut pour 40 h par semaine
Inutile de dire que les salariés avait forcément recours à l'aide sociale pour survivre
du coup ce patron doit rembourser cette dette sociale 11000€.
Il se pourrait bien que le dumping salarial de ces dernières années prennent fin en Allemagne"
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar voxpop » Dim 29 Sep 2013 22:51

L'Institut de l'entreprise vient de publier un rapport intitulé : " Allemagne : miracle de l'emploi ou désastre social ? ".

Sur son site, l'Institut de l'entreprise se présente comme suit :
" Créé en 1975, l’Institut de l’entreprise est un think tank indépendant de tout mandat syndical ou politique. Profondément ancré dans la réalité économique, il concentre sa réflexion sur la relation entre l’entreprise et son environnement et met à contribution un vaste réseau d’experts pour réaliser ses études. Également lieu de rencontres et pôle de formation, l’Institut développe une vision de l’entreprise ouverte sur le monde et sur la société. "

Moins " langue de bois ", l'Observatoire des think tanks précise que cet Institut " poursuit deux objectifs : « contribuer à alimenter la réflexion des chefs d’entreprise sur les enjeux économiques et sociaux et promouvoir auprès du plus grand nombre l’idée que l’entreprise joue un rôle fondamentalement positif dans la société » "

De son côté, Wikipédia nous apprend que " L'Institut de l'entreprise a été créé en 1975 par 30 grands groupes français, menés par François Ceyrac, Jean Chenevier et François Dalle afin d'offrir aux dirigeants d'entreprises un lieu de débat et de propositions. L'association compte environ 120 membres (grandes entreprises, quelques établissements d'enseignement supérieur et quelques fédérations professionnelles), adhérents dont le chiffre d'affaires cumulé représente 20 % du PIB français : Accor, Lafarge ou GDF Suez par exemple. "

C'est donc sans surprise que les auteurs, derrière l'apparent questionnement du titre du rapport, soutiennent plutôt la thèse du " miracle " que celle du " désastre " :
" Pour Alain Fabre, auteur de l’étude, la conclusion est sans équivoque : depuis dix ans, l’Allemagne a réussi sa réforme du marché du travail. Les réformes Hartz sont parvenues à éradiquer le chômage de longue durée et à réintégrer sur le marché du travail des populations qui en étaient durablement éloignées.
Sans négliger les critiques françaises adressées à ces lois, à savoir l’augmentation de la précarité et des inégalités, Alain Fabre les nuance en rappelant que la première des précarités reste bel et bien le chômage et que, loin d’avoir démantelé l’Etat social, les lois Hartz ont permis d’en assurer la pérennité , la réforme ayant consisté à revenir sur les avantages acquis pour sauver le système.
Enfin, s’il ne s’agit pas de transposer telles quelles ces réformes hors de leur terreau d’origine, l’auteur insiste sur le fait que la solidarité collective doit avant tout s’appuyer sur la responsabilité individuelle et que l’expérience allemande devrait servir de ligne directrice aux réformes du marché du travail dans l’ensemble de la zone euro.
" (note de présentation du rapport, par l'Institut de l'entreprise)

Belle performance !
Car, au détour d'une phrase, on découvre tout de même ces faits incontournables :
" Les bas salaires représentaient 22 % des actifs occupés en Allemagne en 2010 contre 17 % en Europe et 6,2 % en France.(...) Le taux de pauvreté Allemand atteignait 12,2 % en 2005, 15,2 % en 2007 et 15,8 % en 2011. "

Notons que, en exergue de leur rapport, les auteurs ont choisi cette citation d'Alexis de Tocqueville (Mémoire sur le paupérisme. 1835)
« Je suis profondément convaincu que tout système régulier, administratif, dont le but sera de pourvoir aux besoins du pauvre, fera naître plus de misère qu’il n’en peut guérir, dépravera la population qu’il veut secourir et consoler, réduira avec le temps les riches à n’être que les fermiers des pauvres, tarira les sources de l’épargne, arrêtera l’accumulation des capitaux, comprimera l’essor du commerce, engourdira l’activité et l’industrie humaines et finira par amener une révolution violente dans l’État, lorsque le nombre de ceux qui reçoivent l’aumône sera devenu presque aussi grand que le nombre de ceux qui la donnent, et que l’indigent ne pouvant plus tirer des riches appauvris de quoi pourvoir à ses besoins trouvera plus facile de les dépouiller tout à coup de leurs biens que de leur demander secours. »

La thèse est claire : arrêtons de " pourvoir aux besoins des pauvres ". Ils seront dès lors contraints d'accepter n'importe quel salaire.
Si l'on en juge par les statistiques sur le développement de l'inégalité, pour les " riches appauvris " il va falloir attendre un peu ...

Pour accéder au texte complet de l'étude, qui mérite la lecture car, si l'on peut contester les conclusions et les angles de lecture des statistiques, il est riche en informations : Rapport

Le site de : l'Institut de l'entreprise

Le site de : l'Observatoire des think tanks
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar voxpop » Mar 30 Sep 2014 12:52

Dans Le Monde.fr de ce jour, un écho qui peut nourrir ce débat :

" Accès de faiblesse de l'économie allemande... passager ou durable ?

La croissance de l'économie allemande pourrait être plus faible en 2014 que le 1,8 % prévu par le gouvernement, mais restera en bonne forme par rapport à ses partenaires de l'UE, a annoncé le ministre de l'économie, Sigmar Gabriel, dimanche. Pour le ministre social-démocrate, la crise ukrainienne pèse sur le climat d'investissement, et pas seulement pour les entreprises ayant des liens commerciaux directs avec la Russie. La première économie européenne a enregistré au deuxième trimestre un recul de son PIB de 0,2 %, attribuable aux tensions géopolitiques en Ukraine et au Moyen-Orient. Le baromètre IFO du moral des entrepreneurs a de nouveau décroché en septembre, pour le cinquième mois d'affilée, pour s'établir à son plus bas niveau depuis avril 2013.

"L'économie de ce pays est en échec. Sa croissance depuis l'an 2000 est plus faible que la moyenne européenne. Les salaires y ont progressé moins vite, et la pauvreté, en hausse, touche un enfant sur cinq." Bienvenue en... Allemagne. Ainsi démarre le portrait de la première économie européenne, dressé par l'économiste allemand Marcel Fratzscher, dans un ouvrage à paraître lundi, que l'on conseille notamment aux professeurs d'allemand ! Au moment où le modèle d'outre-Rhin est encensé dans le monde entier, le président de l'Institut de recherches DIW, à Berlin, comme d'autres économistes de premier plan, veut en finir avec les clichés aussi flatteurs que "dangereux". Son pays est "en déclin" et "vit sur ses acquis", explique-t-il dans "Allemagne, l'illusion" ("Die Deutschland Illusion").
"
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar agénor » Jeu 23 Oct 2014 11:46

L'énumération des causes d'inquiétudes quant à la santé réelle de l'économie allemande continue.

Dans son édition d'aujourd'hui, le Spiegel publie un article intitulé Beaucoup d'Allemands ne peut plus économiser pour financer leur retraite.

Je vous en livre le résumé :

De moins en moins d'Allemands sont en mesure de financer leur retraite. Selon une étude, une personne sur trois ne se soucie pas de son avenir financier. Beaucoup ne peuvent tout simplement pas se permettre de mettre de l'argent de côté.

Rendez-vous dans 20 ans...
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar causonsen » Mer 12 Nov 2014 18:40

Un article du Spiegel online (18 septembre 2014) fait état du défaut alarmant de maintenance des grandes infrastructures allemandes, par insuffisance d'investissement public et privé.

Extrait :
" When Fratzscher, the head of the German Institute for Economic Research, gives a talk these days, he likes to pose a question to his audience: "Which country is this?" He then describes a place that has seen less growth than the average among euro-zone countries since the turn of the millenium, where productivity has only increased slightly and where two out of three employees earn less today than they did in 2000.
Fratzscher usually doesn't have to wait long before people begin raising their hands. "Portugal," one person offers; "Italy," says another; "France," exclaims a third. The economist allows his audience to continue searching for the right answer, until, with a triumphant smile, he announces the answer. The country he is looking for, the one with the weak economic results, is Germany.
"

Pour accéder à l'article complet : Spiegel Online International
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Re: Le " modèle allemand ". Vraiment ?

Messagepar causonsen » Mer 17 Déc 2014 19:35

La Vie des idées publie une traduction, par Cristelle Terroni, d'un article publié par Ulrike Stein : " Politique économique et inégalités en Allemagne ".

Extraits :
" En Allemagne, l’adoption de la loi de 1967 pour la promotion de la stabilité et de la croissance [Stability and Growth Act] a marqué le début d’une courte période de politique économique orientée vers la demande, qui reposait principalement sur une politique de négociation collective fondée sur la solidarité et l’égalisation des salaires. Les crises pétrolières des années 1970 et la forte hausse du chômage qui en est issue ont entraîné un changement de cap en faveur d’une politique économique tournée vers l’offre, dont les objectifs étaient d’augmenter la compétitivité internationale et de réduire le chômage. La priorité fut alors donnée à la baisse des coûts comparatifs du travail, rendue possible grâce à la modération salariale, la dérégulation du marché du travail et la réduction des coûts non salariaux du travail. Les normes de négociation collective étaient considérées comme des facteurs freinant le développement économique (Traxler 2002). Jusqu’au déclenchement de la crise économique et financière mondiale, cette approche a été dominante dans les secteurs politique et économique.
Les effets de cette politique générale sont évidents dans de nombreux domaines. Les inégalités ont augmenté en Allemagne. La dérégulation du marché du travail et l’affaiblissement des normes de négociation collective ont donné lieu à l’émergence d’un marché du travail à deux vitesses, qui s’ajoute à de nombreuses relations professionnelles « atypiques » caractérisées par un important secteur à faibles revenus (Kalina and Weinkopf 2013). L’inégalité croissante n’était pas simplement due à des contrastes de plus en plus marqués entre les revenus, mais également à de réelles pertes de revenus pour une partie de la population (Grabka and Goebel 2013). Au final, l’Allemagne a payé au prix fort la mise en place de cette politique.
"

Pour accéder au texte complet de l'article : La Vie des idées
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