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Edward McMillan-Scott : un autre visage de la Gde-Bretagne

Données et opinions relatives au Royaume-Uni

Edward McMillan-Scott : un autre visage de la Gde-Bretagne

Messagepar scripta manent » Ven 16 Déc 2011 20:56

Le 9 décembre 2011, Edward McMillan-Scott, député britannique au Parlement européen, a adressé à ses collègues un "point de vue sur la posture eurosceptique de Cameron", qui mérite d'être connu.
Nous le reproduisons ci-dessous in extenso, en version française et dans sa version anglaise d'origine.

Le triomphe des eurosceptiques au dernier sommet européen
par Edward McMillan-Scott

" Le résultat de l'échec du sommet de l'UE pour parvenir à un accord à 27 a été un triomphe pour les eurosceptiques, mais il a aussi révélé que les deux plus éminents conservateurs britanniques - le premier ministre David Cameron et son rival non déclaré le maire de Londres Boris Johnson - sont que ce que mon père - lui-même un ancien du collège d’Eton - aurait appelé des « filous ».

Cameron a déclaré que le point d'achoppement était les intérêts du secteur financier de Londres, lequel a volé les contribuables britanniques et dépouillé les épargnants de leurs avoirs.

Quelles abruptes pratiques de la City Cameron a-t-il tenté de soustraire à un examen adéquat auquel les services financiers à Francfort ou à Paris étaient quant à eux prêts à se soumettre ? Vanter les mérites du marché unique européen – qui est d’une telle valeur pour le reste de l’économie britannique – tout en donnant des coups de canif dans les règles du jeu équitables est tout simplement ridicule.
Cameron et son rival Johnson font ce que les conservateurs adeptes des « emplois pour les copains » ont fait si souvent : protéger leurs riches amis.

Il semble en réalité que pendant le sommet de l'UE à Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ait proposé au Royaume-Uni une déclaration commune sur des règles du jeu équitables pour le Marché unique. Cameron a refusé et demandé un protocole dérogatoire pour le Royaume-Uni concernant les services financiers. Ce qui aurait constitué une violation du droit de l'Union et a par conséquent été rejeté.

Maintenant, les pays de la Zone euro et plusieurs autres vont former une union financière, avec des " instruments de stabilisation " améliorés pour renforcer l'euro. Mais une fois de plus, la Grande-Bretagne a lancé un défi en demandant que ce processus soit mené dans le cadre des institutions existantes de l'UE, ménageant ainsi des possibilités de veto ultérieures, ainsi que le Ministre des affaires étrangères William Hague l'a clairement exprimé dans un entretien à la BBC.

Johnson est sorti du bois il y a quelques jours en critiquant une Europe antidémocratique, qui se plie aux exigences de Berlin. Comme l'europhobe Daily Mail l'a dit aujourd'hui, " Il faut reconnaître que Boris est peut être désordonné et imprévisible, mais au moins ce n'est pas un assassin dans l'ombre ".
Son intervention dans le débat européen - " Nous risquons de sauver le cancer et non le patient " - annonçait plus ouvertement/haut et fort qu'il vous sera probablement jamais donné d'entendre une campagne de direction de parti. Un homme qui a bâti sa carrière sur un opportunisme impitoyable se prépare maintenant à en découdre avec David Cameron.

Quand Johnson a commencé à brocarder Cameron sur l'Europe - au départ sur le refus de Cameron de tenir un referendum sur le traité de Lisbonne - ses intentions étaient claires : utiliser le tremplin de la Mairie de Londres pour organiser son retour politique au niveau national. Ancien journaliste au Daily Telegraph qui s'est fait un nom en écrivant de Bruxelles des papiers hauts en couleur et souvent erronés, Johnson fut un porte-parole gaffeur de l'opposition.

Pendant ma longue joute avec Cameron sur sa nouvelle et controversée alliance européenne avec ce que Nick Clegg a appelé " une bande de cinglés homophobes, antisémites et climato-sceptiques " - the Economist l'a qualifiée de " piètre et humiliante alliance " -. je me suis trouvé dans le bureau du député Eric Pickles, alors président du Parti conservateur. A la place d'honneur se trouvait une photo de Cameron et Johnson se tenant la main et saluant après la victoire de celui-ci à la Mairie. Le hic était que les deux hommes se tenaient bien la main levée, mais se tournaient le dos délibérément : le langage du corps était sans ambigüité.

La faute cardinale de Cameron fut de céder à un groupe de parlementaires du "Better Off Out" (campagne apartisane lancée en 2006 pour obtenir le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne) pendant la course à la direction du Parti conservateur en 2005 et de promettre de quitter le Parti Populaire Européen, la famille de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Nicolas Sarkozy.

Aujourd'hui, Cameron a un allié politique : le Premier ministre tchèque Petr Necas. Par contre, la famille européenne de Clegg est au pouvoir dans la moitié des pays européens et bénéficie, par exemple, de huit commissaires européens, dont l'un, Olli Rehn, va devenir le véritable Ministre des finances de la nouvelle zone euro.

La responsabilité de l'échec des négociations sera rejetée sur Cameron et le Royaume-Uni, camouflant la réelle incapacité de Merkel et Sarkozy à se mettre d'accord sur une solide série de mesures allant au-delà de la discipline budgétaire. La BCE - contrairement aux attributions économiques plus larges de la FED aux Etats-Unis - contrôle uniquement l'inflation.
Il ne fait aucun doute que les britanniques sont de plus en plus eurosceptiques. En tant que pro-européen de longue date, je le regrette. Comme le Parti conservateur que j'ai rejoint en 1967, je suis internationaliste et je veux que la Grande-Bretagne soit au premier rang en Europe - et non pas qu'elle quitte l'Europe.

Le Parti conservateur est maintenant un parti nationaliste qui n'agit pas dans l'intérêt national, mais dans l'intérêt d'une minorité privilégiée dont sont issus Cameron et Johnson. Que cette rivalité personnelle mette maintenant en péril la survie de l'euro et du marché unique est scandaleux. Cameron doit tenir tête aux europhobes ou la coalition va se dissoudre. Mais c'est peut-être ce qu'il souhaite, de façon à gagner de nouvelles élections et gouverner sans l'influence modératrice - pas seulement sur l'Europe - des Libéraux Démocrates. "


Eurosceptics triumph at EU summit
by Edward McMillan-Scott - 9th December 2011

"The outcome of the failure of the EU summit to reach agreement as 27 was a triumph for the Eurosceptics, but it also showed up Britain's two top Conservatives - prime minister David Cameron and his undeclared rival London mayor Boris Johnson - as what my father - himself an old Etonian - would have called 'spivs'.

Cameron said the sticking point was the interests of the London financial sector, which has ripped off British taxpayers and stripped savers of their assets.

What sharp City practices was Cameron trying to shield from the proper scrutiny which financial services in Frankfurt or Paris were prepared to yield to? Paying lip service to Europe's single market - which is of such value to the rest of the real British economy - while making bumps in the level playing field is simply ridiculous.

Cameron and his rival Johnson are doing what the 'jobs for the boys' Tories have done so often: protect their rich friends.

The truth seems to be that during the EU summit in Brussels, European commission president José Manuel Barroso offered the UK a declaration on the level playing field in the single market. Cameron refused that, and demanded a UK protocol derogating from the single market on financial services. That would have been a breach of EU law and was for that reason rejected.

Now the eurozone countries, plus several others, will form a fiscal union with enhanced 'stabilisation tools' to steady the euro. But once again, Britain has thrown down the gauntlet by demanding that this process must be developed through and using the existing EU institutions, thus providing further veto opportunities, which foreign secretary William Hague made clear in a BBC interview.

Johnson has been upping the ante in recent days, criticising the EU as undemocratic and effectively dancing to Berlin's tune. As the europhobic Daily Mail said today, "You have to hand it to Boris, disorganised and unpredictable he might be, but he's not exactly a silent assassin.

"His intervention in the euro debate – 'We are in danger of saving the cancer and not the patient' – was as loud and bold an announcement of a party leadership campaign as you are ever likely to see. A man who has built a career on ruthless opportunism is preparing for the moment to move against David Cameron."

When Johnson began taunting Cameron over Europe - initially over Cameron's refusal to hold a referendum of the Lisbon treaty - his intentions were clear: to use the content-free platform of London's city hall to mount a comeback into national politics. A former Daily Telegraph journalist, who made his name writing highly-coloured and often inaccurate copy from Brussels, Johnson was a gaffe-prone spokesman in opposition.

During my long dispute with Cameron over his controversial new EU grouping with what Nick Clegg called 'a bunch of nutters, homophobes, anti-Semites and climate-change deniers' - the Economist described it as "a shoddy, shaming alliance". I found myself in the office of Eric Pickles MP, then Conservative party chairman and pride of place was a photograph of Cameron and Johnson with hands clasped taking a bow after Johnson's mayoral win. The point of the picture was that both men were holding raised hands but deliberately turning away from each other: the body language was unmistakeable.

Cameron's cardinal mistake was to give in to a posse of 'Better off out' parliamentarians during the 2005 Conservative leadership contest, and promising to leave the European Peoples' Party, the family of German chancellor Angela Merkel and French president Nicolas Sarkozy.

Today, Cameron has one political ally - Czech premier Petr Necas. By contrast, Clegg's European family shares power in half the EU countries and enjoys, for example, eight EU commissioners, one of them, Olli Rehn, who will become the effective finance minister of the new eurozone.

The outcome of the failed talks will be blamed on Cameron and the UK, disguising the actual failure of Merkel and Sarkozy to agree on a robust package going beyond budget discipline. The European Central Bank - unlike the wider economic remit of the US federal reserve - is controlling inflation only.

There is no doubt that the British are increasingly eurosceptic. As a longstanding pro-European I regret that. Like the Conservative party I joined in 1967, I am an internationalist and want Britain to lead in Europe - not leave Europe.

The Conservative party is now a nationalist party but is not acting in the national interest, but in the interest of a privileged minority from which Cameron and Johnson are drawn. That this personal rivalry should now imperil the survival of the euro and the single market is outrageous. Cameron must face down the europhobes or the coalition will dissolve, but that is possibly his intention, so as to win a Union Jack election and govern without the moderating influence - not just on Europe - which the Liberal Democrats provide."
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Re: Edward McMillan-Scott : un autre visage de la Gde-Bretag

Messagepar scripta manent » Mar 20 Déc 2011 20:30

Après le discours d'Edward McMillan-Scott, une autre réaction "locale" à la position prise par David Cameron à l'égard de l'Union européenne.

Un parlementaire européen gallois met vivement en cause la position prise par David Cameron dans le cadre du sommet européen du 9 décembre.

Derek VAUGHAN, membre du Labour Party et, au Parlement européen, du Groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, a appelé les chefs des principaux partis gallois à s'unir pour défendre les intérêts du pays de Galles au sein de l'Union européenne.

Très "matter of fact", Derek VAUGHAN exprime sa crainte que le Pays de Galles ne perçoive plus les fonds de l'Union européenne, dont il estime le bénéfice à 1 milliard de livres par an.
Ce genre de déclaration n'est pas anodin car il risque d'inciter "ceux qui paient" à se manifester en face de "ceux qui reçoivent". Cela rappelle le gouleyant "I want my money back" de Margaret Thatcher.
Dans l'immédiat, cela confirme que la tâche de David Cameron ne va pas être simple.
Quid de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord ?

Lu sur le site de Derek VAUGHAN :

Speaking from the European Parliament in Strasbourg, Derek VAUGHAN said that events over the recent few days and David Cameron’s mishandling of fiscal negotiations with our European partners threatened vital future EU funding for Wales:

“An engaged UK Government is key for the economic interests of Wales. The Prime Minister’s standalone position is bad for Britain and particularly bad for Wales.”

“Over 150,000 jobs in Wales rely on trade with other EU countries. More than £3.5bn of investment in some of our poorest communities comes as a result of EU Structural Funds. Latest figures put the net benefit of EU membership for Wales at around £1bn per year.”

“The loss of UK influence within the EU at this stage is potentially disastrous for Wales. Discussions on future EU budget priorities which will decide what Wales gets in the coming years, are at a vital point. At the exact time when we need to build sustainable relationships with other European regions, the UK Government has decided to put short-term gain ahead of our national interest.”

“What this episode has made clear to all those with the future economic prosperity of Wales at heart is that we now need to form a progressive, cross-party alliance to put the case for continued membership of the EU and engagement at the highest level.”

“An ideal first step would be for all of the leaders of the major Welsh political parties to each write to the Prime Minister, stating the clear benefits that communities across Wales have received from the UK being an integral member of the European Union and calling on him to think again about sacrificing the long-term future of the Welsh economy for a few cheap grandstanding headlines.”
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