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" Fukushima est moins un accident qu'un aboutissement "

" Fukushima est moins un accident qu'un aboutissement "

Messagepar voxpop » Mar 05 Juin 2012 12:00

Hervé Kempf : « Fukushima est moins un accident que l’aboutissement d’une série annonciatrice »
Propos recueillis par Linda Maziz et publiés sur le site http://www.bastamag.net (3 mai 2011)
Hervé Kempf, qui s'est défini en 2009 comme "objecteur de croissance" est journaliste au quotidien Le Monde depuis 1998, spécialiste des questions environnementales. Un an après son analyse de "l'accident" de Fukushima, comment ne pas s'interroger sur le contraste entre les décisions prises au Japon et en Allemagne et celles (non) prises en France ?

" Quels enseignements la France doit-elle tirer de la situation japonaise ? Pour Hervé Kempf, journaliste et essayiste, la situation actuelle met en évidence l’incompétence des experts et des dirigeants français. Le nucléaire fait partie des tabous et idées reçues que l’oligarchie capitaliste ne veut pas remettre en cause. Pour lui, l’enjeu aujourd’hui est d’apporter aux contre-experts un vrai soutien populaire : un engagement conscient des citoyens pour manifester qu’une autre voie est possible. Entretien.

Que représente pour vous la catastrophe de Fukushima ?

Hervé Kempf : C’est un tournant, aussi important que Tchernobyl en 1986, et qui va durablement affecter l’industrie nucléaire et la façon dont on la perçoit. C’est aussi un rappel extrêmement violent de ce que beaucoup d’écologistes disent depuis longtemps, à savoir que le nucléaire n’est pas une réponse satisfaisante au problème du changement climatique. Même si l’énergie nucléaire émet peu de gaz à effet de serre, elle présente d’autres inconvénients insupportables. Notamment, cette possibilité d’un accident nucléaire qui va empoisonner au minimum des centaines de km2 pour des dizaines ou des centaines d’années.

Et encore, on ne mesure pas toutes les conséquences...

Pour l’instant, ce qu’on peut dire de manière quasiment certaine, c’est qu’il y a au moins trois, voire quatre réacteurs de la centrale qui sont irrécupérables. L’enjeu maintenant est de les boucher, pour empêcher les fuites, sachant qu’aujourd’hui, même à petite dose, elles sont manifestes et permanentes. Une fois bouchés, les réacteurs restent extrêmement radioactifs et dangereux. Comme à Tchernobyl, on les recouvrira d’un sarcophage, qui sera une sorte de mausolée supplémentaire de déchets nucléaires.

La France a-t-elle des enseignements à tirer de la situation japonaise ?

La France se trouve dans une situation très comparable. Avec Tchernobyl, c’était différent. Pour faire simple, on n’avait pas à en tirer de conclusions, parce que c’était des Russes et que c’était l’Union soviétique – sous-entendu : un régime irresponsable avec des gens qui maîtrisaient mal la technologie. Avec le Japon, on ne peut pas avoir cette attitude méprisante. C’est quasiment le pays le plus en pointe, avec un niveau technologique incontestable. Indépendamment des événements extérieurs que sont le séisme et le tsunami, on constate que même dans un pays techniquement sophistiqué, il peut y avoir une perte de contrôle et une incapacité à gérer une situation désastreuse qui conduit à une catastrophe écologique.
L’autre rapprochement à faire, c’est qu’au Japon comme en France, le nucléaire a été introduit de manière opaque et antidémocratique, ou plus exactement dans un déni de démocratie. Dans les deux cas, on peut parler d’oligarchie « nucléariste » et d’une connivence entre les responsables politiques et l’industrie, qui a permis d’imposer le nucléaire sans le mettre en débat. Sauf qu’aujourd’hui, les « nucléaristes » ne peuvent plus nier qu’un accident est entré dans le domaine des probabilités. Logiquement, cela doit pousser la société française à interroger sérieusement le nucléaire et au minimum à délibérer ouvertement des questions des déchets, de la sécurité, du coût de cette énergie. Ouvertement, c’est-à-dire avec des informations complètes et exactes, communicables à tous les citoyens. Il s’agit de rompre avec cette impossibilité actuelle de discuter sérieusement du nucléaire.

À entendre les autorités, un accident nucléaire en France est impossible...

Bien sûr que c’est possible. On est passé, le 27 décembre 1999, à deux doigts d’un très grave accident à la centrale française du Blayais, lorsqu’une inondation a mis hors service des pompes essentielles à sa sécurité. Il y a eu des incidents graves ces dix dernières années dans trois pays réputés pour leur sûreté nucléaire. Après la France au Blayais, le 25 juillet 2006 la centrale suédoise de Forsmark a dû être stoppée d’urgence et de même le 16 juillet 2007 pour la centrale japonaise de Kashiwazaki-Kariwa, qui à la suite d’un séisme violent a subi une fuite d’eau radioactive. Au regard de ces précédents, Fukushima est moins un accident que l’aboutissement d’une série annonciatrice. Ce n’est pas une météorite tombée du ciel. Il y a eu des alertes, un accident était prévisible, mais les oligarques n’ont pas tenu compte de ces avertissements.
Chez les observateurs critiques du nucléaires, l’inquiétude se réveille depuis plusieurs années. On constate la montée d’une pression financière, dans une logique de course au profit, de privatisation, qui fait que les soi-disant responsables, tablant sur la renaissance du nucléaire et rivalisant de manière acharnée pour vendre des centrales, poussent à relâcher l’attention sur la sécurité.

Comment interprétez-vous le refus immédiat des autorités françaises d’engager un débat sur l’avenir du nucléaire en France ?

Il est dans la logique de leur mutisme et de leur « aveuglement ». Le nucléaire fait partie des tabous et des idées reçues que l’oligarchie capitaliste ne veut pas remettre en cause. Dans sa logique de pensée figée, la croissance économique, c’est bien, l’augmentation de la consommation d’électricité, c’est inévitable, le nucléaire, c’est bien. Donc, on n’en discute pas, puisque c’est bien ! Leur première réaction a été de dire, sans même avoir réfléchi ni étudié la question, que cet accident ne nous concernait pas, puisque c’était au Japon et à cause d’un tsunami. J’ai fait récemment une enquête sur la sortie du nucléaire qui m’a amené à contacter le cabinet d’Éric Besson. J’ai appris que le ministère de l’Énergie n’a élaboré aucun scénario de sortie du nucléaire, même pas à titre d’étude ou d’exercice d’imagination. Alors que le principal partenaire de la France, l’Allemagne, se prépare sérieusement à cette évolution depuis dix ans !

Cela vous effraie ?

Oui. L’incapacité de ce système, et de ces gens qui se croient les meilleurs, à se remettre en question est effrayante. Et le nucléaire n’en est qu’un exemple parmi d’autres. Pour la crise financière, c’est pareil. On est passé en 2008 juste à côté d’un effondrement économique. Deux ans après, rien n’a changé. Les banques ont repris le haut du pavé, avec les mêmes comportements spéculatifs, le même refus des régulations, les mêmes rémunérations extravagantes. Je suis frappé par leur absence totale d’imagination, par leur incapacité à envisager un autre monde. « There is no alternative » disait Margaret Thatcher et cette pensée unique reste la règle d’or de la classe dirigeante. Le nucléaire en fait partie. Ce que montre Fukushima, c’est l’incompétence des experts et des dirigeants quand ils ne sont pas sous le regard des citoyens : il y a eu un accident gravissime, alors qu’ils juraient que c’était impossible.

Une réponse démocratique est-elle possible face au lobby du nucléaire en France ?

La bataille s’annonce particulièrement difficile parce que l’appareil de pouvoir est totalement gangrené par l’idéologie « nucléariste », qui bénéficie – comme c’est la règle en régime oligarchique – d’un soutien institutionnel et médiatique sans faille. On ne pourra vaincre cette résistance que si, comme dans le cas des OGM ou du gaz de schiste, les gens soutiennent de manière claire et visible ceux qui tiendront le discours de contre-expertise. C’est absolument nécessaire. Face à des gens qui vont s’appuyer sur tout l’appareil du pouvoir économique et institutionnel, les contre-experts ont besoin d’un vrai soutien populaire. La démocratie n’est pas seulement une question d’ouverture du débat, ou de reconnaissance de la légitimité de la contre-expertise : elle suppose un engagement conscient des citoyens pour manifester qu’une autre voie est possible.

Est-ce que la récente victoire des Verts aux élections régionales en Allemagne est une réponse démocratique, et peut en augurer d’autres ?

Oui. Mais en entrant dans un processus de débat démocratique, on va voir que sortir du nucléaire tout en évitant un changement climatique implique des choix qui ne sont pas seulement techniques. Ça inclut aussi une remise en question profonde de l’ordre social, de notre façon de vivre, de l’organisation collective, de la répartition des richesses... Derrière le nucléaire se pose un enjeu d’organisation de la société : sortir du nucléaire suppose avant tout de réduire fortement la consommation d’énergie, et donc de remettre en question les valeurs de surconsommation et de productivisme, qui forment la référence de l’actuel système économique. Alors oui, les Allemands vont se trouver confrontés à ce défi et devront y répondre sans louvoyer.

La catastrophe de Fukushima et l’offensive en Libye sont arrivées presque en même temps. Pour vous, catastrophe nucléaire et guerre pétrolière vont de pair, parce qu’elles sont deux conséquences de la façon dont l’oligarchie impose sa vision au reste du monde ?

Plutôt que d’accepter le changement qu’impose la crise écologique et l’injustice qui déchire nos sociétés, le capitalisme est arrivé à un point de son histoire où il ne trouve plus comme issue que la catastrophe et la guerre. La « protection des populations civiles » de Libye, qui justifie l’entrée en guerre de la France – sans vote au Parlement, ce qui est inconstitutionnel – a bon dos. L’Occident ne dit rien en ce qui concerne la zone d’influence de l’Arabie saoudite, parce qu’elle détient les clés du pétrole.
Nous sommes dirigés par des gens qui en 2007 étaient prêts à vendre des réacteurs nucléaires au gouvernement de Kadhafi, et qui quatre ans plus tard, le découvrent insupportable. Cette intervention en Libye vise le pétrole, point. Elle témoigne aussi qu’après l’Afghanistan, après l’Irak, la tentation de résoudre les problèmes par la violence reste toujours aussi vivace chez l’oligarchie. "

Interview publiée initialement dans la revue Zelium, n°3, 16 avril 2011.

À lire aux éditions du Seuil : Hervé Kempf, L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, 2011. Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, 2009. Comment les riches détruisent la planète, 2007.

Le site d’Hervé Kempf : http://www.reporterre.net
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Re: " Fukushima est moins un accident qu'un aboutissement "

Messagepar agénor » Mar 05 Juin 2012 14:25

Remarquable de clarté.
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Re: " Fukushima est moins un accident qu'un aboutissement "

Messagepar voxpop » Ven 08 Fév 2013 17:46

Le Monde.fr, le 7 février 2013 :
" Un accident nucléaire majeur similaire à celui survenu en mars 2011 au Japon pourrait coûter à la France 430 milliards d'euros au total. C'est la conclusion d'une étude présentée, mercredi 6 février, par l'Institut national de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) au centre de recherche nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône). "

Rappelons que le budget 2012 de l'Etat français est de l'ordre de 300 milliards d'euros (dépenses) ...

Pour accéder au texte de l'article :
un-accident-nucleaire-du-type-de-fukushima-couterait-a-la-france-430-milliards-d-euros

Nous avions déjà évoqué, le 23 décembre 2012, ce chiffrage de l'IRSN, suite à une information parue dans Le Canard enchaîné, qui était allé la dénicher sur le site de l'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest), lequel donnait accès à l'étude de RSN ... en langue anglaise : http://www.acro.eu.org/CP101212.html
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Re: " Fukushima est moins un accident qu'un aboutissement "

Messagepar causonsen » Jeu 11 Avr 2013 18:57

Il ne se passe pas beaucoup de semaines sans que la centrale de Fukushima ne fasse parler d'elle.
Un travail dangereux, opiniâtre et de longue haleine se poursuit là-bas, émaillé d'incidents qui flirtent parfois avec la ligne rouge.
Et comment ne se pas poser de questions sur la transparence de la communication, compte tenu des épisodes précédents ?

Un article de l'Express.fr de ce jour (11 avril 2013) évoque les récents incidents :
Nouvelle fuite d'eau très radioactive à Fukushima
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Re: " Fukushima est moins un accident qu'un aboutissement "

Messagepar causonsen » Mer 07 Aoû 2013 21:36

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, vient de déclarer, lors d'une réunion de cellule de crise :
" Stabiliser la centrale de Fukushima est notre défi. En particulier, l'eau contaminée représente un problème urgent qui suscite beaucoup d'inquiétude dans la population. "
Pas que dans la population.
Cela fait maintenant plus de 2 ans que Tepco tente de juguler cette contamination aquatique : 300 tonnes d'eau contaminée déversées quotidiennement dans l'océan.
Le fait que Shinzo Abe ait déclaré que l'exploitant ne devait pas être laissé seul sur ce front et qu'il fallait en faire une priorité nationale montre que la situation est très sérieuse.
On notera d'ailleurs que le premier ministre japonais considère la " stabilisation " de la centrale comme un " défi ". Voila qui n'est guère rassurant.

Pour plus de détail : cet article du Monde.fr du 6 août 2013 : " Situation d'urgence " à Fukushima

Sur la question du nucléaire au Japon, voir aussi : Le Japon sortira-t-il du nucléaire ?
où l'on voit que Shinzo Abe reste un partisan de la relance du nucléaire au Japon, en dépit de l'opposition persistante de la majorité du peuple japonais. Il aime les défis ?
causonsen
 
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Re: " Fukushima est moins un accident qu'un aboutissement "

Messagepar causonsen » Mar 11 Mar 2014 20:54

Trois ans. Cela fait maintenant 3 ans que la catastrophe de Fukushima s'est produite et l'on continue à entendre régulièrement parler d'incidents, d'incertitudes, de réévaluations des coûts et des risques.
Un article du Monde.fr du 10 mars 2014, de Philippe Pons, envoyé spécial sur site, nous emmène " dans les villes mortes autour de Fukushima ".

Extraits :
" Dans le ciel, les corbeaux planent. Des papiers tourbillonnent dans le vent. Le silence pesant des rues sans vie est rompu par une porte qui claque ou des tôles ondulées qui grincent… Depuis trois ans, Tomioka est une ville morte. Cette commune de 16 000 habitants du nord-est du Japon avait résisté au puissant séisme du 11 mars 2011, et au tsunami qui l'avait suivi.
Mais quelques jours après le tremblement de terre, la population a fui : l'océan avait envahi la centrale de Fukushima Daiichi, située à une quinzaine de kilomètres, provoquant la catastrophe nucléaire la plus importante depuis Tchernobyl (1986). Les habitants ne sont jamais revenus.
(...)
A l'autre bout de la Nationale 6, qui passe devant l'entrée de la centrale accidentée, une autre petite ville, Okuma (11 500 habitants), est interdite d'accès en raison d'un taux de radioactivité élevé. Avant l'accident, la mairie avait élevé un portique à la gloire de Tepco, l'opérateur de la centrale. Okuma est doublement condamnée : ses habitants n'y retourneront pas et elle accueillera les déchets irradiés. En d'autres termes, elle est sacrifiée à jamais.
(...)
« Les sinistrés sont tombés dans l'oubli, dit un restaurateur de Minamisoma (70 000 habitants), un peu plus au nord. On n'a rien à léguer à nos enfants : le terrain ne vaut plus un sou. Les jeunes partent. Une ville sans les cris des gamins, ce n'est plus une ville. »
(...)
Les deux tiers des 154 000 sinistrés (soit 8 % de la population de la préfecture de Fukushima) vivent toujours dans des logements provisoires. Selon une enquête de décembre 2013, deux tiers d'entre eux ne pensent pas rentrer. Quelque 30 000 personnes pourraient pourtant être autorisées à regagner leurs logements dans la zone irradiée dans les deux années à venir.
(...)
« Dans notre région, on n'avait que la nature, dit Mika Nemoto, une jeune femme du bourg de Miyakoji, dans la petite ville de Tamura (40 000 habitants). Mais on ne peut plus la toucher : on ne peut plus manger ses produits, boire son eau ; nos enfants ne peuvent plus jouer dans la montagne et doivent se balader avec un dosimètre autour du cou. La nature, c'était une amie. Aujourd'hui, il faut s'en méfier. »
"

Quant à la nature, c'est de l'homme qu'elle doit se méfier.

Pendant ce temps, d'éminents "penseurs" continuent à dauber les "postures" des écologistes qui s'obstinent à alerter sur les risques effroyables du nucléaire.
Un exemple : l'ouvrage commun de Michel Rocard et Pierre Larrouturou, très recommandable par ailleurs ("La gauche n'a plus droit à l'erreur") : " Reste le nucléaire. Ce seul mot remue des fantasmes mêlés de bombe et de cancer. Or, leucémies et cancers compris, le nucléaire tue beaucoup moins que le charbon et même que le pétrole. " On retrouve là l'argument "de choc" des pronucléaires. Faudra-t-il attendre la 1ère catastrophe nucléaire se chiffrant en centaines de milliers de morts pour que l'inanité de ces arguties probabilistes soit définitivement établie ?
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Re: " Fukushima est moins un accident qu'un aboutissement "

Messagepar voxpop » Mer 11 Mar 2015 17:32

Un article du Monde.fr du 10 mars 2015 évoque " l'interminable décontamination à Fukushima ".

Extraits :
" « Le Japon a fait des progrès significatifs. La situation sur le site s’est améliorée. Mais elle reste très compliquée. » Tel est le constat des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui, mi-février, ont effectué une nouvelle mission d’inspection de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima.
Une analyse partagée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN) : « Un travail considérable a été réalisé avec d’énormes moyens. Mais le chantier est colossal et le plus gros reste à faire », estime Thierry Charles, directeur général adjoint chargé de la sûreté nucléaire.
Quatre ans après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, qui ont ravagé la région de Tohoku, dans le nord-est de l’île de Honshu, et dévasté le complexe atomique de Fukushima-Daiichi, la bataille de la décontamination ne fait que commencer. La radioactivité demeure partout présente, dans les réacteurs éventrés comme dans les sous-sols gorgés d’eau qui continuent de souiller le Pacifique.
Plus de 6 000 ouvriers se relaient en permanence – les niveaux de radiation obligeant à faire tourner les équipes – pour une gigantesque entreprise de démantèlement qui ne sera pas achevée avant trente ou quarante ans.
(...)
Le plus difficile reste à venir : l’évacuation des cœurs des trois réacteurs, qui ont fondu juste après l’accident en formant un magma extrêmement radioactif (du corium), lequel a perforé les cuves et s’est répandu au fond des bâtiments.
Tepco ne prévoit pas de s’y attaquer avant 2020 ou 2025. Une intervention humaine directe est impossible. Il faudra localiser le corium avec des caméras, concevoir des robots commandés à distance avec des outils de découpe et d’extraction spéciaux, fabriquer des conditionnements adaptés… Une intervention que l’AIEA qualifie d’« énorme défi à long terme » et qui n’a encore été réalisée nulle part ailleurs
. "

Pour en savoir plus : Le Monde.fr

Et c'est dans ce contexte que le gouvernement japonais revient sur sa décision de renoncer à l'énergie nucléaire !
Mais en France, nous avons aussi notre lot de dérapages : le démontage de la centrale de Brennilis qui n'en finit pas de finir (25 ans déjà et on ne voit guère le bout du tunnel) ; les chantiers EPR dont les coûts et délais s'envolent ; Fessenheim qui bat de l'aile ; le traitement des déchets qui fait débat ; le nuage de Tchernobyl stoppé net à nos frontières ...
Existe-t-il un domaine où autant de compétences (notre prestigieux corps des Mines) aura été mis au service d'autant d'aveuglement, de désinformation et de mensonges ?
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