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La prière des banquiers

Pour essayer d'y voir plus clair sur les mécanismes financiers et spéculatifs qui sont à l'oeuvre

La prière des banquiers

Messagepar pierre » Mar 19 Mar 2013 12:48

Louis Goaziou est un mineur syndicaliste de Pennsylvanie, parti de Bretagne à 17 ans, devenu imprimeur à Charleroi (États-Unis) et, jusqu'à sa mort, inlassable pèlerin des causes humanistes.

« La prière des banquiers » est un entrefilet paru dans son journal hebdomadaire « La tribune libre » du 24 septembre 1896. Ce texte remarquable par l'ironie, le mordant, l'humour noir, le ton authentique puisé à la source des souffrances ouvrières de l'époque, résonne.

Il stigmatise les banquiers, profession que l'on ne doit pas jeter avec l'eau du bain. Nous pouvons sans trop d'effort d'imagination extrapoler cette prière, cette plainte, ce cri, aux dérèglements du système dont nous sommes aujourd'hui les spectateurs effarés.

Ce texte nous aide à prendre conscience que ce que nous vivons aujourd'hui n'a rien d'extraordinaire et ne doit pas nous décourager. Il y a toujours eu des remous, et de bien pires. Nous ne devons pas rester les bras ballants à regarder sombrer le navire.
Il est facile de se déclarer dépassé, c'est humain. Mais il est humain aussi, comme le montre l'Histoire, de se révolter contre le cours des choses.

« LA PRIÈRE DES BANQUIERS

Notre père qui êtes en Angleterre, Rothschild est votre nom, que votre royaume vienne en Amérique et que votre volonté soit faite aux États-Unis comme en Angleterre ;
donnez-nous aujourd'hui nos obligations en or et non pas en argent ;
donnez-nous beaucoup de vote d'ouvriers pour tenir le monopole et ses amis au pouvoir.
Nous savons, notre père, que nous avons souvent fait le mal ;
nous avons volé les ouvriers, affamé bien des familles et poussé un grand nombre au suicide ;
nous savons que nous commettons une grande injustice en réclamant de l'or pour nos obligations, et en « mouillant » notre capital, mais nous l'avons toujours fait dans le noble but d'amasser des richesses.
Notre père, vous savez que nous sommes au dessus de la politique.
C'est le même pour nous que les démocrates ou les républicains gouvernent, parce que, comme vous le savez, nous sommes à même d'acheter les bonnes faveurs de tous les partis politiques.
Ne nous conduisez pas dans la voie des grévistes et par dessus tout délivrez-nous des socialistes et des anarchistes.
De cette façon nous aurons le royaume, les obligations, les intérêts, le pouvoir et l'or jusqu'à la fin de la République.
Ainsi soit-il."


Source : « La tribune libre, organe hebdomadaire des travailleurs de langue française » n°14, 24 septembre 1896. Accessible à la bibliothèque de l'Institut International d'Histoire Sociale (Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis, Amsterdam) de même que le journal postérieur (également conçu et réalisé à l'imprimerie de Louis Goaziou) « L'ami des travailleurs ».
Bibliographie : "Révolutionnaires du Nouveau Monde" de l'historien Michel Cordillot, édition LUX
pierre
 
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