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" Peut-on prospérer sans attendre le retour de la croissance ? " : une vraie question, qu'analyse l'IDDRI

" Peut-on prospérer sans attendre le retour de la croissance ? " : une vraie question, qu'analyse l'IDDRI

Messagepar voxpop » Mar 18 Fév 2014 22:08

Résumé de l'étude, par l'IDDRI :

" Cet article tente d’apporter des éléments de réponse à deux questions : peut-on avoir des certitudes sur l’avenir de la croissance ? Dans l’hypothèse d’une croissance faible pour les décennies à venir, oscillant par exemple entre 1 % de croissance annuelle et la stagnation du PIB, peut-on prospérer ? Pour répondre à ces questions, un exercice de modélisation a notamment permis d'étudier dans le détail les liens entre la problématique énergie-climat et l’économie.

Points clés :
LA CROISSANCE, UNE OBSESSION POLITIQUE
Dans les discours politiques, de droite comme de gauche, la croissance économique est invoquée comme la solution aux problèmes économiques et sociaux, i.e. une condition sine qua non de la prospérité individuelle et collective. Pour les tenants de ces discours, une forte croissance est non seulement souhaitable, mais elle est également un objectif atteignable pour peu que l’on s’en donne les moyens.
DES TAUX DE CROISSANCE EN BAISSE DEPUIS QUARANTE ANS ET UN AVENIR INCERTAIN
La littérature académique montre qu’au-delà de la crise actuelle, il existe de nombreux doutes sur la capacité des pays à renouer avec une croissance éleveé. De nombreux facteurs, comme la tertiarisation des économies, le rythme et la nature des innovations technologiques ou les évolutions démographiques, impliquent que la croissance moyenne au sein de l’Union européenne pourrait être plus faible dans les prochaines décennies qu’au cours des trente dernières années.
LA PROBLÉMATIQUE ENVIRONNEMENTALE RENFORCE CETTE INCERTITUDE
La gravité des enjeux environnementaux est tantôt vue comme une opportunité de provoquer une nouvelle révolution industrielle porteuse de croissance, et tantôt perçue comme une contrainte qui ralentirait plus encore l’économie. L’exercice de modélisation mené dans ce rapport étudie les liens entre climat et macroéconomie. Il renforce le diagnostic d’incertitude sur l’avenir de la croissance économique. Dans le cadre d'hypothèses pessimistes, mais plausibles, pour les décennies à venir (sur les ressources énergétiques, le coût des énergies renouvelables ou l’évolution des modes de vie), l’environnement réduit significativement la croissance.
PROSPÉRER SANS CROISSANCE, UNE AMBITION POLITIQUE
Cette étude montre que des taux de croissance très faibles dans le futur n’imposent pas de renoncer à la prospérité telle qu’on la conçoit dans les démocraties européennes. Les liens entre emploi, protection sociale, équité, bien-être d'une part, et croissance économique d'autre part, sont moins solides qu’on ne le pense. En matière d’emploi, certains auteurs soutiennent qu’au-delà des crises économiques, ce n'est pas la croissance qui génère de l'emploi, mais l'inverse. En matière de bien-être déclaré ou de performances sanitaires, une fois un certain niveau de vie atteint, les politiques d’égalité sont une puissante force de progrès, pas la croissance. Néanmoins, la réduction des inégalités économiques ainsi que le financement de la protection sociale sont rendus plus difficiles dans un contexte de croissance faible qui appelle donc à délibérer et à arbitrer davantage. Prospérer dans un monde post-croissance impose de faire plus de politique.
"

Pour accéder à l'étude complète : IDDRI
voxpop
 
Messages: 304
Enregistré le: Ven 24 Fév 2012 11:41

Re: " Peut-on prospérer sans attendre le retour de la croissance ? " : une vraie question, qu'analyse l'IDDRI

Messagepar agénor » Sam 07 Fév 2015 21:35

Un autre point de vue, plus "en hauteur", sur l'impact qu'a sur notre société l'obsession de la croissance nous est donné par Gabriel Chardin, astrophysicien et président du comité des très grandes infrastructures de recherche du CNRS, dans l'article Le paradoxe de Fermi et les extraterrestres invisibles paru dans Libé du 5 février 2015.

Le paradoxe de Fermi, pour ceux qui ne le connaisse pas, c'est l'interrogation suivante : « S’il y a des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Où sont-ils donc ? ». Selon Fermi, des civilisations plus avancées auraient dû apparaître parmi les nombreux systèmes planétaires plus âgés que le nôtre et laisser des traces visibles depuis la Terre, telles des ondes radio. Cette question de l'absence persistante de signes d'intelligence extraterrestre (le programme de recherche SETI a maintenant 50 ans d'existence) alors que des télescopes de plus en plus puissants nous ont permis de découvrir de plus en plus d'exoplanètes, confirmant que la galaxie en contient des milliards, reste tout à fait d'actualité.

Parmi les hypothèses que font les chercheurs pour expliquer le paradoxe de Fermi, il y a le syndrôme de l'Ile de Pâques (très bien décrit dans certains des ouvrages de Jared Diamond) : la croissance exponentielle d'une civilisation n'est pas un modèle de développement durable.

Or, Chardin se livre à un petit calcul très éloquent à ce sujet. Il nous dit :
Sous l’hypothèse apparemment raisonnable d’un taux de croissance de la consommation et de l’utilisation des ressources de 2% par an, la durée d’épuisement des ressources de la Terre est de quelques centaines d’années, avec une large marge d’incertitude. Pour l’Univers observable tout entier, curieusement, l’estimation est plus précise : entre 5 000 et 6 000 ans, à très peu de chose près…

Ce temps est ridiculement faible et lui aussi apparemment paradoxal : pour épuiser les ressources dans un rayon de 10 milliards d’années-lumière, il faudrait a priori plusieurs milliards d’années sauf à avoir simultanément à l’œuvre un très grand nombre de civilisations expansionnistes, ou à aller plus vite que la vitesse de la lumière, ce qui semble impossible. Autrement dit, une croissance de 2% par an poursuivie pendant quelques millénaires grille presque nécessairement le système planétaire qui en subit l’expérience.


Comme Diamond, Chardin n'a pas perdu espoir que nous réussissions à changer de paradigme économique pour que la civilisation ait une chance de perdurer au delà de quelques centaines d'années. Mais il tire un gros signal d'alarme.
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