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" Compétitivité, énergie et climat : quelles priorités pour l'Europe ? " - Une étude de la Fondation Robert Schuman

Quel projet ? Quel modèle de société pour l'Europe ?

" Compétitivité, énergie et climat : quelles priorités pour l'Europe ? " - Une étude de la Fondation Robert Schuman

Messagepar causonsen » Mer 05 Mar 2014 21:56

La Fondation Robert Schuman a publié, le 24 février 2014, sous la plume de Grégoire Postel-Vinay, Ingénieur général des Mines, une étude intitulée " Compétitivité, énergie et climat: quelles priorités pour l'Europe ? ", dont elle résume la problématique comme suit :

" Le conseil européen des 20 et 21 mars consacré à l'énergie et à la compétitivité industrielle de l'Union, ainsi que la conférence de Paris sur le climat donnent l'occasion de se pencher sur des défis majeurs de l'Union pour assurer sa croissance et l'emploi tout en répondant aux enjeux climatiques et à sa dépendance énergétique accrue. Sont ici évoqués quelques enjeux portant sur la gouvernance, les négociations internationales, l'autonomie énergétique de l'Union, l'impact de la révision de règles de concurrence, la R&D et le progrès technique, la précarité énergétique, les spécificités nationales, tarifaires et de productions et leurs impacts sur les infrastructures et la sécurité d'approvisionnement, à la lumière de développements récents.
L'année qui s'ouvre voit deux impératifs simultanés s'imposer à l'Union, qui donnent lieu à une activité intense : la nécessité d'accompagner la reprise par des politiques de compétitivité, porteuses de croissance et d'emplois, et le besoin de répondre à une préoccupation de développement durable, qui se traduit de façon générale par les nombreux sujets de l'agenda 21, et dont l'attention est focalisée sur le sujet de la transition énergétique (la transition écologique inclut la transition énergétique, mais ne se résume pas à elle : l'assimilation parfois de l'une à l'autre peut prendre insuffisamment en compte la dégradation de certains éléments de notre écosystème, plus rapide et avérée que celle des matières premières, par exemple la problématique de la capacité de production alimentaire mondiale). Tout cela dans un contexte où, depuis la seconde guerre d'Irak et avec la montée des pays émergents, le renchérissement des produits énergétiques, piloté par le coût des hydrocarbures, a conduit l'Union à dépenser plus de 1000 milliards € supplémentaires pour ses importations d'énergie (l'Union européenne importe 60% de son gaz et 80% de son pétrole, et ses importations de charbon croissent depuis que les Etats-Unis le vendent davantage), ce qui pèse sur sa croissance et rend nécessaire d'accroître simultanément ses exportations pour compenser ces surcoûts. Ainsi, si les problématiques énergétiques étaient importantes lors de la reconstruction de l'Europe, et à l'origine des institutions européennes avec la CECA puis Euratom, elles reprennent avec le thème de la transition énergétique une acuité nouvelle.
Ces préoccupations ont conduit à l'émergence de politiques de l'Union et de ses Etats membres : le traité de Lisbonne leur consacre son titre XXI et quatre conseils européens en ont traité. Celui de mars 2007 fixait trois priorités :compétitivité, lutte contre le changement climatique et sécurité d'approvisionnement énergétique, qui se sont traduites en termes législatifs (3ème paquet "marché intérieur du gaz et de l'électricité", sécurité d'approvisionnement en pétrole et en gaz, révision des directives sur la performance énergétique des bâtiments, et l'étiquetage des produits liés à l'énergie, l'écoconception) par des orientations stratégiques (paquet énergie-climat 3X20 d'ici 2020). Celui de 2011 précise la stratégie énergétique, d'une part en énumérant les priorités de moyen terme de 2020 (infrastructures, recherche et innovation, efficacité énergétique, marché intérieur, production interne, relations extérieures) et d'autre part en prenant acte que ces questions impliquent des investissements de long, voire de très long terme (bâtiment, infrastructures), et donc évoque des perspectives jusqu'à 2050. Celui de mai 2013 insiste sur le besoin d'approvisionnements énergétiques durables à des prix abordables, et celui de décembre 2013, prenant acte de la nécessité d'accroître les réseaux électriques si l'on développe les énergies renouvelables et intermittentes, insiste sur les interconnexions européennes.
Deux nouvelles échéances apparaissent : le conseil européen de mars 2014 traitera simultanément de politique industrielle et de politique énergétique, ce qui montre l'intrication de ces deux sujets ; et il se tiendra dans la perspective de la 21e conférence sur le climat de fin 2015, à Paris. Simultanément s'élaborent au niveau national des stratégies tenant compte des spécificités de chaque pays qui ont, au regard de la production et des consommations d'énergie, des besoins très divers, et de leur articulation avec des niveaux plus locaux. Quels sont, dès lors, les principaux enjeux ? Pour le comprendre, une analyse mondiale est nécessaire, quitte à décliner ensuite ses conséquences pour l'Europe et ses Etats membres. Dans un second temps, il convient aussi de tirer les enseignements de la période récente, certes atypique du fait de la crise, et pour laquelle plusieurs éléments suggèrent que les politiques menées sont perfectibles, dans la mesure où trois objectifs ne sont pas atteints : la dépendance énergétique de l'Union s'accroît, au rebours de celle des Etats-Unis; ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour 2020 ne seront probablement pas atteints, et les prix de l'énergie croissent de façon importante au sein de l'Union, obérant ici le pouvoir d'achat des ménages et leur demande, là les coûts de production des industries et services. Seront ainsi abordées, sans exhaustivité, les questions de la gouvernance, des négociations internationales, de l'autonomie énergétique de l'Union, de la concurrence, du progrès technique, de la précarité énergétique, des spécificités nationales, tarifaires et de productions, et de leurs impacts sur les infrastructures et la sécurité d'approvisionnement
. "

A ce stade introductif, " assurer la croissance de l'Union " est présenté comme un impératif catégorique. Cela revient à ignorer les questions que l'on doit se poser sur le principe même de la croissance et sur ses modalités de mesure, notamment lorsque l'on traite du difficile dossier " énergie, climat ". Cette " impasse " est regrettable.

Il n'en reste pas moins que l'étude est sérieusement documentée et mérite une lecture attentive.

Selon l'auteur :

" Il ressort de ces analyses neuf conclusions stylisées :

- le défi climatique peut être relevé pour environ 1% du PIB de 2050 en investissements ;

- les technologies actuellement connues permettent cela, sans préjudice d'améliorations à apporter par l'innovation et la R&D ;

- aucune solution n'est possible sans l'accroissement notable de la part de l'électricité dans le mix énergétique mondial, et que cette part provienne de sources décarbonées ; le scénario " bas carbone " inclut à la fois des économies d'énergie importantes et un doublement de la production d'électricité mondiale à l'horizon 2050. C'est une condition nécessaire dans un scénario où l'on réduit la production de CO² annuelle de 3 milliards de tonnes actuelles à 16 milliards en 2050, c'est-á-dire qu'on limite le réchauffement climatique, dans l'état actuel des connaissances, à 2° en 2100.

- pour l'électricité l'ensemble des solutions décarbonées devront être développées : les énergies renouvelables (ENR) avec une offre globale impliquant la production simultanée d'énergies alternatives compensant l'intermittence de certaines d'entre elles, (solaire et éolien), la captation et la séquestration du carbone produites par ces énergies alternatives (gaz, charbon, pétrole, biomasse, etc.), et la conservation des ressources nucléaires. Mais aussi la part de l'usage de l'électricité dans les transports devra s'accroître.

- à l'échelle mondiale, la part de la biomasse et de la valorisation des déchets dans les énergies renouvelables sera prépondérante ;

- les chances de relever le défi climatique dépendent d'abord d'objectifs définis au moins au niveau du G20, de ratios d'émission de CO²/kWh et de CO²/km parcouru pour les véhicules, et, plus généralement, d'efforts faits en matière de conception ou modernisation des villes, (les grandes métropoles agrégeant une part majeure de l'accroissement des populations) ;

- l'industrie et les services joueront un rôle majeur dans la transition énergétique, à la fois par leurs offres nouvelles, et comme consommatrices. Par ailleurs, il faut noter qu'au XXè siècle, la population mondiale a triplé, le PIB a été multiplié par 20, la consommation d'énergies fossiles par 30, les activités industrielles par 50 en volume. Encore ceci ne concernait-il surtout qu'un peu plus d'un milliard d'individus. Si les services prennent une part croissante dans les PIB, les besoins en biens physiques ne cesseront pas pour autant de s'accroître au XXIè siècle, rendant d'autant plus nécessaires des procédés efficients en ressources non renouvelables, ainsi que l'accroissement du recyclage.

- les pays producteurs d'hydrocarbures pourraient avoir intérêt à un prix du pétrole compris entre 75 et 110 €/baril (à la parité actuelle €/$) tout en permettant de relever le défi climatique ;

- l'hydrogène apparaitra parmi les nouvelles sources d'énergie, pour améliorer la productivité dans la fabrication de carburants synthétiques comme pour stocker les énergies renouvelables quand elles sont excédentaires.
"

Sans surprise, le nucléaire est maintenu en bonne place.

Pour accéder au texte complet de l'étude : Fondation Robert Schuman
causonsen
 
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