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Rendons l'Europe plus démocratique !

Quel projet ? Quel modèle de société pour l'Europe ?

Rendons l'Europe plus démocratique !

Messagepar agénor » Mar 25 Oct 2011 22:00

Ci-après le lien vers une tribune du philosophe allemand Jürgen Habermas, que j'ai lue assez rapidement, mais suffisamment attentivement pour la trouver tout à fait digne d'intérêt.
Rendons l'Europe plus démocratique !

Je choisis d'en extraire et de placer en exergue cette phrase qui, me semble-t-il, est entièrement en phase avec l'objectif de ce forum :

"[...] plus les populations nationales prennent conscience, et plus les médias portent à la conscience, à quelle profondeur les décisions de l'UE influent sur leur quotidien, plus croîtra l'intérêt qu'ils trouveront à faire également usage de leurs droits démocratiques en tant que citoyens de l'Union."
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Re: Rendons l'Europe plus démocratique !

Messagepar agénor » Mer 26 Oct 2011 18:20

Ci-après un chat avec Jean Quatremer, le spécialiste des questions européennes de Libé, à la veille du conseil européen.
Sommet européen : «Le saut fédéral est dans toutes les têtes»

J'en retiens :
- que les Allemands ne veulent absolument pas que les institutions européennes (BCE + FESF) fassent ce que font la Fed et la BoE, à savoir monétiser la dette (j'en profite pour glisser ici mon opinion personnelle : je trouve ça franchement stupide de se priver de faire ce que font tous les voisins... le problème grec n'en serait pas là s'il avait été possible de monétiser la dette grecque).
- qu'ils sont, en revanche, beaucoup plus démocrates dans l'esprit que les gouvernants français
- qu'ils sont partants pour plus de fédéralisme.

On tape beaucoup sur eux, donc, mais ce ne sont visiblement pas les plus mauvais européens du lot.
(Note personnelle : Il est clair, en revanche, que l'incompréhension (d'origine essentiellement culturelle à mon avis) entre les Allemands et les Français est à son comble. Cette constatation est connue comme le loup blanc parmi tous ceux qui s'intéressent à la question de part et d'autre du Rhin. On peut regretter qu'avec le temps les efforts entrepris pour que chacun (je parle du citoyen, pas seulement du dirigeant) apprenne à connaître et à respecter la culture de l'autre s'amoindrissent comme une peau de chagrin.)

Je termine par cette citation croustillante :
"Depuis que Barroso est président de la Commission, c'est-à-dire depuis 2004, l'exécutif communautaire s'est totalement marginalisé. Barroso a d'ailleurs été élu à ce poste pour ne rien faire, et laisser les Etats vaquer à leurs occupations. De ce point de vue, on peut dire que c'est réussi."
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Re: Rendons l'Europe plus démocratique !

Messagepar scripta manent » Ven 28 Oct 2011 09:41

Le topo de Jean Quatremer est particulièrement intéressant, notamment parce qu'il rompt avec le discours critique à l'égard de l'Allemagne. Elle est ici présentée comme plus motrice vers un fédéralisme européen que la France. Comme quoi il ne faut pas confondre gesticulations et convictions.
Par contre, je ne partage pas complètement son opinion quand il dit :
"Les élections les plus déterminantes pour l'avenir de l'Europe n'auront pas lieu en France en 2012, mais en Allemagne en septembre 2013. Selon toutes probabilités, une coalition socialiste-écologiste devrait les gagner. Or, le SPD et les Verts sont infiniment plus européens que la coalition actuelle."
En effet, une évolution vers le fédéralisme européen sera beacoup plus facile si l'Allemagne est appuyée par la France.

Il semble que Jürgen Habermas, dont le propos m'a semblé plus filandreux (la traduction ?) n'ait pas la même opinion que Quatremer sur le volontarisme européen de l'Allemagne :
"Le gouvernement fédéral allemand est devenu l'accélérateur d'une désolidarisation qui touche toute l'Europe, parce qu'il a trop longtemps fermé les yeux devant l'unique issue constructive que même la Frankfurter Allgemeine Zeitung a décrit entre-temps par la formule laconique : "Davantage d'Europe"."

Quant à Barroso, il semble que, depuis quelques mois, il ménage la chèvre et le chou. Dans son dernier discours au Parlement européen sur l'état de l'Union, il a notamment dit ceci :
" Beaucoup de nos citoyens ont peur devant l'avenir.
Il y a comme jamais un danger de repli national, pour ne pas dire nationaliste.
Pour rétablir la confiance nous avons besoin de la stabilité, de la croissance, mais aussi de la volonté politique.
Si nous n'avançons pas dans l'intégration, nous risquons la fragmentation.
Le leadership politique, c'est rendre possible ce qui est nécessaire.
We must deepen economic coordination and integration.
Let's avoid another illusion that we can have a common currency and a single market with an intergovernmental approach.
We should remember that our Europe is a Europe of citizens.
La fierté d'être Européen … ce n'est pas la fierté seulement du passé, c'est la fierté dans notre avenir. "

Un petit pas du côté du fédéralisme ?
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Re: Rendons l'Europe plus démocratique !

Messagepar agénor » Mer 02 Nov 2011 23:13

Toujours à propos de la démocratie en Europe, le chat suivant, avec le même Jean Quatremer
http://www.liberation.fr/economie/1201534-panique-dans-l-ue
C'est surtout le dernier paragraphe qui est éloquent :

La démocratie oui, mais si elle est exercée par les 322 millions de personnes concernées, et non pas par 11 millions de personnes qui vont parler au nom de 322. Mais il faut reconnaitre qu'aujourd'hui, la zone euro n'est pas dotée d'institutions démocratiques qui permettraient de consulter, soit le Parlement européen, soit les peuples, et c'est sans doute ce que manifeste ce référendum.
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Re: Rendons l'Europe plus démocratique !

Messagepar agénor » Jeu 03 Nov 2011 14:27

Et sur le même sujet, l'opinion de Cohn-Bendit Daniel Cohn-Bendit prend la défense du référendum de Papandréou (Le Monde)

J'ai personnellement été un peu choqué par les réactions du monde politique : oui, Papandréou prend un risque énorme, mais peut-on lui reprocher de vouloir associer les citoyens à une décision aussi grave que l'adoption d'un plan d'austérité qui aura un impact majeur sur leur mode de vie ? Au moins seront-ils pleinement responsables de la décision prise. Maintenant que ça déplaise à nos dirigeants tendance technocrate, je ne suis pas surpris... ça fait 20 ou 30 ans que l'Europe se construit sur ce mode ("le citoyen est gênant, passons outre"), on voit le résultat !

(j'admets que cette opinion fait abstraction des bas calculs de politique politicienne qui ont pu animer Papandréou)
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Re: Rendons l'Europe plus démocratique !

Messagepar agénor » Ven 04 Nov 2011 12:20

Edito de Demorand aujourd'hui dans Libé
Brutalité

"Le sauvetage de l’Europe et de l’euro, toujours pas assuré, toujours aussi incertain, se paye déjà au prix fort : la résurgence de la forme la plus archaïque de la politique dont on imaginait, un peu trop rapidement, avoir été définitivement débarrassé."
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Re: Rendons l'Europe plus démocratique !

Messagepar KERHUNE » Sam 12 Nov 2011 18:39

Nous avons les yeux fixés sur les causes institutionnelles qui empêchent l'Europe de trouver une solution à la crise. Il est vrai que l'absence de décision centralisée aboutit à des retards préjudiciables. Mais on peut se demander si, sur le fond, les défenseurs actuels d'une Europe institutionnelle se retrouveraient dans les décisions qui seraient prises par des institutions Européennes plus présentes. Il semble que le besoin d'institutions se révèle plus nécessaire aujourd'hui en raison de l'urgence d'une solution. Est-ce si évident que cela et le besoin d'institutions n'était-il pas plus impérieux voici trente ans, quand nous avons commencé à entrer dans ce tunnel de l'endettement ? Faut-il suivre sur ce plan les thèses de Noamie KLEIN dans "la stratégie du Choc" ? Au moins peut-on s'inspirer de ses développements. Le courage politique a manqué pendant tout ce temps dans de nombreux pays, dont la France. Non pas pour appliquer les réformes rendues indispensables pour s'adapter aux conséquences de l'ouverture débridée des frontières ou l'élargissement à pas forcés de l'Europe. Mais tout simplement pour laisser aux citoyens le choix de leur avenir. Puisque celui-ci ne se situait plus au niveau national, il fallait porter la démocratie au niveau Européen en présentant le modèle proposé et en demandant aux citoyens de choisir si oui ou non une décision supra-nationale pouvait s'imposer à eux. Comment répondre à une telle question si on ne sait pas sur quoi porteront les décisions et quels choix sont en jeu ? Se faire imposer la couleur du drapeau Européen par un vote supranational n'a pas tout à fait le même poids que la suppression du salaire minimum.....
Cela n'a pas été fait et la contribution des états est restée dépendante des conditions électorales nationales tandis que l'Europe approfondissait, sans réelle transparence, les domaines de compétences qui lui avaient été attribuées sans que ses citoyens se sentent concernés.
Aujourd'hui l'expérience a appris aux gouvernants que le peuple est versatile et d'ici à penser qu'il est imprévisible, donc qu'il ne faut lui demander son avis qu'avec parcimonie, il n'y a pas loin. L'exemple récent de la Grèce et les propos haineux de certains européens à son égard illustrent de façon caricaturale cette nouvelle option.
Quoi qu'il en soit, à moins d'une action de solidarité européenne passant nécessairement par la BCE, la voie la plus probable semble maintenant tracée comme un autoroute et le petit chemin qui l'évite est bien étroit et mal indiqué !
La cabine de pilotage économique de l'Europe répond, à l'origine, aux principes de l'école néo-libérale. Un seul objectif: la monnaie, une seule manette: les taux d'intérêt, une seule variable d'ajustement: le travail au travers des salaires et du chômage. Sauf que les gouvernements ont refusé depuis les années 1980 de tirer les conséquences des décisions qu'ils avaient prises. Le chômage est devenu structurel, la croissance atone, l'endettement endémique et pour maintenir cette pauvre croissance au travers de la consommation, la redistribution sociale n'a pas été trop touchée. Les pays ont continué à consommer en s'endettant pour le plus grand profit des économies émergentes dopées par les délocalisations ou des pays comme l'Allemagne ou certains pays nordiques plus habiles que d'autres pour tirer leur épingle du jeu.
Comment ne pas voir que depuis trois décennies, la croissance mondiale repose sur ce principe éminemment porteur de crise qu'est l'endettement de consommation et non pas d'investissement. C'est là qu'il aurait fallu des autorités responsables européennes pour prendre le problème dans sa globalité géographique. Les gouvernants, tétanisés par le souci de leur rééelection autant que par leur vision étroitement nationaliste n'ont rien voulu savoir quant à ce besoin de clarification et de choix. Le rôle du Bundestag dans la stratégie de Mme MERKEL serait sans doute un exemple favorable à la démocratie si, en fait, il ne montrait la faiblesse d'un processus de décision qui donne un droit de véto au plus puissant des états et donc à une minorité, qui plus est, sur une décision qui s'apparente par son importance à un changement constitutionnel.
Aujourd’hui le microcosme de nos dirigeants semble d'accord sur un point: il faut réduire la voilure, se désendetter et donc moins consommer. Et pour ce faire, on aurait besoin d'institutions européennes. Celles-ci ont l'avantage d'imposer leurs décisions sans que les citoyens puissent trop se prononcer sur leur bien-fondé. Et surtout, on en vient aux thèses néo-libérales sans ce keynésianisme rampant qu'on a connu pendant ces trois dernières décennies où les dépenses de la puissance publique ont compensé les défauts majeurs du système. Moins d'état, moins de dépenses sociales, moins d'impôt, des salaires ajustables (pourquoi pas au niveau roumain par exemple)....., voilà ce que ces institutions seraient en passe d'imposer sous le label »Il n'y a rien d'autre à faire ». Pas un mot pour dire comment, à partir de ce crédo, on va relancer la croissance et donc donner un espoir dans l'existence aux jeunes, aux femmes désirant travailler, aux travailleurs âgés ou aux salariés peu formés. Le dogme devient tout puissant et on se croirait dans la Russie des soviets d'il y a bientôt un siècle: « Ce n'est pas grave si quelques générations sont sacrifiées, le monde sera bien meilleur après ». Et entre-temps ?
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Re: Rendons l'Europe plus démocratique !

Messagepar voxpop » Ven 02 Mar 2012 12:17

Régis Soubrouillard, journaliste à Marianne, propose un décryptage intéressant du vote PS à l'Assemblée nationale, sur la question du MES, le 28 février :
" Les députés socialistes ont usé de tous les stratagèmes pour éviter d’aborder politiquement la question du Mécanisme Européen de Stabilité. Vote contre, erreurs de vote, refus de commenter. Si c’est bien la droite qui porte la responsabilité du vote du MES, le PS s’est surtout fait remarquer par l'incohérence de sa consigne de vote, l'abstention, avant tout destinée à éviter le retour du clivage apparu au sein du PS lors du TCE. "

Bel exemple de cacophonie et d'ambigüité.
Dans cet exercice de haute voltige, certains ténors se sont distingués :
" - Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS a usé d’une formule qui devrait rentrer dans les manuels d’histoire de tartuferie politique : « Notre abstention est dynamique, offensive. Le vote non aurait donné l'impression de ne rien décider ».
- Refus catégorique de Julien Dray et d’Henri Emmanuelli d’expliquer leur vote à Marianne2.
- Arnaud Montebourg (...) en est réduit à des arguments relevant de la pure discipline politique pour justifier son abstention: « J'ai considéré que je devais à François Hollande, qui nous a demandé une position commune autour de l'abstention, la loyauté, le respect d'une position commune et unitaire. Je lui dois cela », a déclaré le député. « L'abstention et le vote contre appartiennent à la même famille » a même osé le président du conseil général de Saône-et-Loire avant de s’en remettre à un hypothétique blocage européen estimant que ce traité de discipline budgétaire « ne sera jamais ratifié » en raison de l’absence de majorité dans plusieurs pays de l’Union Européenne. Bref, le « salutaire boulot » que le Parti Socialiste n’aura pas eu l’audace de faire, d’autres le feront. "


" Daniel Cohn-Bendit coprésident des Verts au Parlement européen, avait pourtant déploré l'«hypocrisie de la gauche française, Verts compris» à l'égard du MES dans une interview à Libération, y voyant «une des rares choses positives qu'on a pu arracher au Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement, et surtout à l'Allemagne» "

En effet, ce passage obligé par les votes parlementaires pourrait être considéré comme une petite concession aux principes démocratiques, accordée par des gouvernants se comportant par ailleurs en consuls autoproclamés de l'Europe.
Mais dans le contexte actuel, cette concession est aussi un piège, bien résumé par Jean-Pierre Chevènement : « La mise en œuvre du MES est liée (...) à l’acceptation du traité dit TSCG qui impose une austérité à perpétuité : inscription d’une prétendue règle d’or, en fait règle d’airain, dans des procédures constitutionnelles ou quasi constitutionnelles : prohibition du déficit structurel au-dessus de 0,5 % du PIB, apurement sur vingt ans de la dette publique actuellement proche de 90 % du PIB jusqu’à 60 %, soit 1,5 % du PIB supplémentaire par an. Ce n’est plus de la rigueur c’est un exercice de mortification à perpétuité qui nous est offert ».

Sans doute fallait-il prendre des dispositions d'urgence pour calmer le jeu sur les dettes publiques européennes. Le MES en est une. Il aurait été plus digne de voter pour, tout en déclarant clairement que cela ne valait pas chèque en blanc pour la suite du processus.

Pour accéder au texte complet de l'article :
http://www.marianne2.fr/Avec-le-MES-l-Europe-s-approche-de-l-ere-post-democratique_a215805.html
voxpop
 
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