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Trois projets pour l'euro

Origine et situation des dettes publiques, en Europe et ailleurs - Politique et pouvoir monétaires

Trois projets pour l'euro

Messagepar gerald » Mer 01 Aoû 2012 20:26

Trois projets pour l’euro

Sous le titre « From outside official circles, grand plans to save euro » l’ International Herald Tribune publie dans son numéro du 1er août 2012 un reportage signé de Landon Thomas Jr., où sont décrits trois projets qui visent à résoudre les problèmes actuels de la monnaie unique européenne. Comme le fait remarquer l’auteur du reportage, les projets qui viennent à l’esprit comme ayant joué un rôle-clé dans l’histoire économique récente, comme le plan Marshall après la deuxième Guerre mondiale ou les émissions de « Brady bonds » pendant la crise financière latino-américaine au début des années 1990, sont généralement venus d’une source gouvernementale (George C. Marshall était Secrétaire d’Etat américain, Nicholas F. Brady Secrétaire au Trésor). Mais vu les blocages institutionnels européens, chacun des trois auteurs de ces projets conçus dans des milieux universitaires ou d’études économiques espère néanmoins voir accoler son nom à une solution permettant de sortir de l’impasse.

Malgré des différences d’approche, les trois plans visent essentiellement à venir en aide aux deux membres majeurs de la zone euro - l’Espagne et l’Italie - qui connaissent de très grandes difficultés à se financer à un coût leur permettant de faire redécoller leurs économies sur le long terme. Une solution pour être viable doit également convaincre l’Allemagne qu’elle ne met pas son doigt dans un engrenage sans limite au cas où les sources de financement tarissent pour ces deux pays. Selon un rapport d’un des plus grands fonds spéculatifs américains Bridgewater, l’Italie et l’Espagne doivent émettre des obligations pour un total de 300 milliards d’euros cette année et 1.600 milliards d’ici à 2015. Le fait que les banques espagnoles et italiennes, en mal de liquidités, ont réduit, comme l’avaient déjà fait les investisseurs internationaux leurs achats d’obligations émises par leurs gouvernements a fait monter le coût des emprunts pour les deux pays à des niveaux dangereux.

Les trois auteurs des projets se livrent actuellement à un lobbying intense dans les centres de décision européens – Bruxelles, Francfort et Berlin.

Markus K. Brunnermeier, d’origine allemande, professeur de financement à l’université de Princetown aux Etats-Unis, représente le bureau d’études Euro-nomics fondé récemment et qui compte parmi ses membres neuf économistes de la zone euro. Son projet est bâti autour de l’idée que l’Europe doit proposer aux marchés un actif à risque et à taux d’intérêt très bas pour éviter que les investisseurs ne se réfugient dans les obligations allemandes. Il propose de créer un nouveau véhicule financier européen qui aurait la possibilité d’acheter graduellement jusqu’à 5.500 milliards d’euros d’obligations d’états européens soit directement soit sur le marché secondaire. Pour financer ces achats, le véhicule émettrait deux types d’euro-obligations : le premier serait adossé au crédit de la zone euro dans son intégralité et serait donc considéré comme peu risqué ; les termes d’émission du deuxième type d’obligation, plus spéculatif, comprendraient d’emblée une clause précisant qu’en cas de défaut de paiement par un pays comme l’Espagne ou l’Italie, le remboursement se ferait avec une décote.

Graham Bishop, ex-banquier d’affaires et conseiller auprès de la Commission Européenne représente la European League for Economic Cooperation, un groupe d’entrepreneurs créé pour promouvoir un plus grand niveau d’intégration en Europe. Il préconise la création d’un nouveau fonds européen de 2.500 milliards d’euros financé par l’émission d’une série d’instruments financiers à court terme. Ce fonds bénéficierait du même type de garantie que la Facilité Européenne de Stabilisation Financière où la garantie de l’Allemagne est limitée à 28%. M. Bishop, qui a déjà présenté son projet à Herman Van Rompuy, a noté pendant l’entretien avec l’auteur du reportage que M. Van Rompuy avait fait une allusion à ce projet pendant un entretien en juin dernier au sujet de l’avenir de la zone euro.

Daniel Gros, d’origine allemande et docteur en économie de l’université de Chicago, est Directeur du Center for European Policy Studies. Son projet consiste à donner au véhicule existant, le Mécanisme Européen de Stabilisation Financière une licence bancaire pour lui permettre d’acheter sur le marché financier des obligations espagnoles et italiennes. M. Gros considère que les programmes de sauvetage européens actuels sont trop petits pour « jeter l’effroi dans les cœurs des spéculateurs ». Il préconise d’utiliser comme levier les moyens de 500 milliards d’euros dont le Mécanisme est actuellement doté pour emprunter auprès de la BCE jusqu’à cinq fois plus. Fin juillet selon des propos prêtés à M. Nowotny, membre autrichien du Conseil d’administration de la BCE, des arguments existeraient en faveur d’un tel projet.

Pour mettre en perspective ces projets d’expert, le reportage cite également les propos d’un spécialiste de la dette souveraine Adam Lerrick : ces propositions « ne font que déplacer pertes et risques ; l’Europe a de vrais problèmes économiques. On peut les cacher au contribuable grâce à l‘ingénierie financière mais on ne peut pas les faire disparaître ainsi».
gerald
 
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